La SARL Kotoko devait être une petite infrastructure familiale de Camp Surf et de prestations d'hébergements en bungalows autonomes à Fort-Dauphin. Cette entreprise souhaitait mettre en place un tourisme équitable et des prestations écotouristiques. Nous espérions, par le biais de nos futurs services, assouvir les touristes gourmands de nature et d'authenticité tout en essayant de participer au développement touristique de la région. Malheureusement l'instabilité politique de Madagascar n'a pas permis en 2010 de réaliser ce projet.
Pour autant Kotoko ne disparaît pas complétement car l'Association Fort-Dauphin.org prend le relais et a pour but de faire connaître la région méconnue de Fort-Dauphin au plus grand nombre. Aujourd'hui KOTOKO est le pseudo qui m'est donné dans le cadre de mes différentes créations au sein de l'association. J'ai choisi ce nom car, étant en partie Breton, je me passionne par les légendes celtiques, en l'occurrence les fameux Korrigans, nains malicieux bien connus en terre celte... Il y a de nombreuses similitudes dans les légendes malgaches et bretonnes concernant l'existence de ces fameux "petits êtres" qui se cachent et jouent des tours aux hommes.

Concernant le mot KOTOKO qui se lit phonétiquement "koutouk" en français, le "o" se prononçant "ou" et la dernière voyelle étant muette en malgache :
Kotoko est le nom local (à Fort-Dauphin), et plus ou moins dans le sud de l'île, que l'on donne au Kalanoro, nain très célèbre dans les légendes malgaches. Kalanoro signifie "belle jeune fille" dans une langue ethnique malgache mais même s'ils sont connus sous un vocable féminin il y a quand même des mâles parmi ces créatures. Ces personnages ne dépasseraient pas un mètre, seraient velus avec des cheveux sur tout le corps l'enveloppant complètement, avec 3 doigts et de longs ongles, et il est dit parfois avec des pieds à l'envers (afin d'échapper à des poursuivants en laissant les chasseurs suivre des traces dans la fausse direction). Les légendes disent que sa demeure est construite avec de longues pierres, qu'il aime beaucoup le lait et l'odeur de pistache grillée, qu'il ne marche que la nuit et qu'il a une toute petite voix, presque comme un chant d'oiseau. Pour certains malgaches les kalanoro seraient simplement les "proto-malgaches" qui auraient été repoussés de plus en plus loin dans les forêts par les conquérants venus de la mer : ainsi ils sont parfois confondus avec les Vazimbas qui étaient aussi de petite taille et ont occupé le plateau central de Madagascar en étant les premiers habitants de l'île (selon la tradition orale). Les légendes malgaches sont riches d'un bestiaire fantastique tout comme les légendes grecques ou celles de Bretagne : les Kalanoro peuvent, en effet, être comparés aux légendaires Korrigans des landes bretonnes. En 1889, la capture d'un kalanoro a été signalée à la Société Géographique Royale. En 1924, Chase Salmon Osborne a décrit son observation de deux kalanoro s'accouplant. Les kalanoro sontconnus pour fouiller les villages à la recherche de nourriture mais également pour enlever les enfants : les légendes disent que les kalanoro pêchent des crabes qu'ils mangent crus, dès qu'ils ont attrapé un de ces crustacés, ils le présentent à l'enfant qu'ils ont enlevé. Si celui-ci accepte le crabe cru et le mange, ils le gardent avec eux. Cet enfant devient alors Kalanoro ou Kotokely. Dans le cas contraire, c'est-à-dire si l'enfant refuse le crabe, les nains le renvoient à ses parents. On lui attribue également des connaissances médicales très étendues qui lui permettent de guérir à son gré les malades qu'il aime et protège, en outre il reçoit l'âme des médecins malgaches après leur mort, ceux-ci ne manquant pas d'invoquer Kalanoro et de lui demander son aide chaque fois que leur science est en défaut. On dit aussi qu'ils ne vivent ni en solitaire ni en groupe mais seulement avec les "mpitaiza" de chaque village, qui comprend les mpanandro (astrologues), les mpimasy (ceux qui connaissent les vertus des plantes) et les mpisikidy (les géomanciens). Les kalanoro confèrent à ces érudits leurs pouvoirs afin d'aider les villageois. Malgré leur bipédie, leurs traits humains et, apparemment, des capacités télépathiques, les kalanoro sont considérés comme des animaux.

Le Kotokely (le petit Koto) est souvent le compagnon de Kalanoro. C'est un nain qui possède une barbe énorme. Lui et ses congénères vivent dans la forêt. Le soir, ils s'approchent des villages, entrent dans les cases, allument le feu et font cuire ou réchauffer, s'il a été déjà cuit, le riz qu'ils trouvent. Les habitants de la case ne doivent pas s'apercevoir de la présence des petits Koto pour les laisser manger tranquillement. Beaucoup de Malgaches croient fermement à l'existence de Kotokely, ainsi la personne de ces nains est fady (sacrée) et malheur à celui qui essayerait de les retenir quand ils regagnent la forêt, avant l'aube, ou qui voudrait leur faire du mal.