Les Mikea


  


Il existe officiellement 18 ethnies à Madagascar mais il s'avère que des sous-groupes, pouvant s'apparenter en ethnies distinctes, ne sont pas recensées formellement. Le nombre de ces groupes ethniques est inconnue et il existe même ce qu'on pourrait appeler des peuples cachés, tel que les Mikea - les "gens de la forêt" - qui vivent en effet reclus dans les forêts sèches du sud-ouest malgache. Cette population atypique fut comparée aux Pygmées, à cause de leur petites tailles et leurs façons de vivre (selon la légende populaire). Pour avoir du feu par exemple, les Mikea utilisent encore des méthodes au silex ou le procédé qui consiste à frotter des branches sèches entre elles. Ils chassent des hérissons et des porcs-épics, recueillent du miel, puis troquent ces ressources contre d'autres biens avec les autres ethnies environnantes. L'identité complexe des Mikea, chasseurs-cueilleurs avec leur mode de vie forestier, ne constitue donc pas un groupe ethnique reconnu mais est pourtant classée comme une identité à part à l'instar des autres groupes ethniques.

Depuis le début des années 60, l’histoire de ce peuple des forêts a suscité à la fois l’effroi et la curiosité de nombreux chercheurs, scientifiques et professeurs. Sur les Mikea, il s’en raconte des histoires, fausses ou vraies, mais rares sont ceux qui les ont vraiment rencontrés. Entourés de légendes non fondées on les a surnommés « les hommes nus » car on dit qu'ils vont et viennent tous nus, qu'ils sont de petites tailles, qu'ils ont les cheveux longs, qu'ils se cachent dans les creux des arbres et qu'ils parlent un langage incompréhensible... Bien sûr tout cela est faux, les Mikea sont des malgaches de langue et de coutume Masikoro, ils ont une taille normale, leur garde-robes est certes très réduite mais les hommes ont toujours au-moins un cache-sexe et une pièce d'étoffe, ils s'habillent souvent de pagnes, et les femmes ont une robe de cotonnade ou un lamba.
Détenteurs du savoir des plantes à vertu médicinale du Saha-Mangoky, ils croient en un Dieu créateur nommé Zanahary et en la présence d’un esprit transcendantal. Beaucoup de chercheurs se sont intéressés à ce peuple qui vit dans des conditions austères sur une terre extrêmement aride. Ils ont pu comprendre que Mikea est en fait un terme générique qui désigne un groupe de personnes de langue malgache et de coutumes Masikoro, un groupe issu du Sud de Madagascar. Historiquement, par souci de sécurité et de liberté, certains Masikoro, un peuplement du sud de Madagascar dont sont issus les Mikea actuels se sont réfugiés dans la forêt. Ils ont fuit les exactions perpétrées par leur propre souverain. Vivants en petits groupes familiaux, ils se déplaçaient sans cesse pour échapper aux souverains Sakalava du Fiherenana ou du Bas-Mangoky pour se procurer des esclaves afin de les troquer contre des cotonnades, des armes à feu ou du rhum. Maîtres de leur monde, ils vivent leur vie comme ils l’entendent et connaissent tous les secrets pour survivre dans la forêt.

Les Mikea vivent en secret dans la forêt épineuse nommée en conséquence « forêt des Mikea ». La délimitation de ce territoire commence en partant du nord de Toliara, à l’Ouest de Befandriana Sud, entre les rivières Mangoky et Manombo. En partant de Madiorano (50 km au nord de Toliara) pour rejoindre Miary, Ankililaoky, Ampasikibo, Andavadohaky, Antongo, Morombe, Befandefa, Salary Atsimo et enfin Androtsy, on délimite une sorte de cercle qui englobe le territoire Mikea. Cette zone s'étend sur plus de 70 km du nord au sud et de 30 km d’ouest en est, soit plus de 2000 km². Cette forêt, dont la cartographie n'a jamais été achevée, est épaisse, dense et pourtant presque sans ombre puisque les feuilles des arbres y poussant (Didiereacee en l’occurrence très représentatif) sont plutôt des épines ! Les Mikea y trouvent nombreux oiseaux, bœufs sauvages, fosa, chats sauvages, plusieurs espèces de lémuriens et de hérissons. Ils y récoltent aussi un miel foncé distillé par les abeilles sauvages. Armés de haches, de sagaies à large talon, d’une palette en bois, d’un filet, d’un panier, de calebasses et d’un récipient, ils partent dans la forêt pour se procurer quotidiennement de la nourriture. Ils se déplacent ainsi presque chaque jour, sur plus d’une dizaine de kilomètres. Après la chasse et la cueillette, ces aliments seront mangés crus, grillés ou cuits sous la cendre.

Ce territoire ne possède ni source, ni mare, ni puits : les Mikea ne possèdent donc pas de récipients allant au feu car sans eau aucune marmite n'est utile. Ainsi les plats mijotés, les soupes ou autre bouillies n'existent pas dans l'alimentation de ce peuple remarquable. Seuls les grillades ou mets crus ou cuits à l'étouffée nourrissent les Mikea, les aliments courants tels le manioc, maïs et surtout riz sont absents en rapport à la nécessité d'avoir de l'eau pour les cuire. Les Mikea sont donc contraints à une diète frugale : C’est le gage de leur liberté et de leur indépendance, leur isolement les dispense de tout contrôle de l'Etat...
Le fait le plus remarquable, qui marque justement les esprits, est l'incroyable adaptation de ces gens qui arrivent à ne pas boire de l'eau pendant des jours, des semaines, voir des mois... Comment font-ils ? La réponse à cette question passe par une liane nommé baboho : cette igname dont les tubercules, grosses comme la cuisse, poussent dans le sable à la profondeur d’un bras d’homme. A la chair tendre et fragile, d'une teinte translucide légèrement laiteuse, les baboho sont pleine d'eau. En les mangeant on boit autant qu'on mange, le liquide qui se dégage de la pulpe est frais. En mettant des morceaux sur la braise on obtient une gelée chaude désaltérante qui sert de petit déjeuner.

Les Vazimba





Les Vazimba : mythe ou réalité ?

Concernant les origines du peuple malgache, à la question énigmatique, Malgache qui es-tu ? La réponse est délicate et complexe car le peuple malgache est issu d'immigrations successives aux origines diverses. Deux chronologies déterminent la période des premiers peuplements de l'île. La première fait débuter les occupations dès le Ve siècle avant J.C. tandis que la deuxième fixe aux VIe et VIIe siècles après J.C. les premières immigrations. Ces "proto-malgaches" seraient arrivés tout d'abord d'Indonésie et du sud-est asiatique et auraient abordé Madagascar par l'ouest et le nord-ouest. D'après une hypothèse, certaines de ces populations se seraient d'abord établies dans l'archipel des Comores avant de gagner la Grande- Ile. La tradition orale place les "Vazimba" comme les premiers habitants de l'île. (Ils pourraient donc être ces premiers immigrants). Grandidier a pu en 1869 voir les derniers vestiges de cette société Vazimba dans les gorges du Manambolo (ouest de Madagascar) et déclare : "Il résulte de tout ce que j'ai vu et appris que par leurs mœurs, par leur langue et par leurs traditions, les Vazimba se rattachent à la grande famille malgache dont l'origine indonésienne me semble démontrée". Renel écrit en 1920 : "En réalité, il n'y a lieu de faire aucune distinction ethnique entre les Merina et les Vazimba. Dans la plupart des cas, ceux qu'on appelle Vazimba sont simplement les plus lointains ancêtres du clan établi dans le pays". Ces populations Vazimba furent combattues et absorbées par des vagues plus récentes d'immigrants Indonésiens qui occupèrent les plateaux centraux de l'île.

Vision populaire
Les croyances populaires définissent les vazimba comme étant des personnages mystérieux ayant vécu dans le pays merina (sur les Hauts plateaux) à une époque très lointaine. Mystérieux, dans la mesure où ils suscitaient chez les Malgaches aussi bien de la crainte que du respect. La crédulité et la superstition qu 'ils éprouvent transforment les vazimba en êtres hors du commun et déconcertants, en forces invisibles, et parfois méchants, pouvant hanter une source, une rivière, un rocher, un bosquet ou un vallon. Dans l' imagerie populaire, le vazimba est un être de petite taille, à la peau cuivrée, au visage allongé, aux lèvres larges et pendantes cachant de très longues dents, auxquels s' ajoute un front aplati. Le tout réuni lui donne un aspect très laid et répugnant jusqu'à inspirer une peur viscérale. Les femmes vazimba, eu égard à leurs longs cheveux, sont souvent confondues avec les "Kalanoro" et les "Zazavavindrano" (sirènes). A part ces qualificatifs péjoratifs, on lui attribue également un caractère désagréable. Comparativement, on lui prêterait, sans doute, l'aspect et les attributs du gnome de la légende celte ou du petit monstre malicieux et diabolique du film «Le seigneur des anneaux».
Ces petits hommes de vazimba évitaient, paraît-il, tout objet ayant contact avec le sel. Il est interdit d'apporter de l'ail ou de la viande de porc sur leurs tombes et dans les environs. On affirme que leur niveau de culture était assez limité. Ils étaient, semble-t-il, loin de maîtriser la métallurgie et auraient fabriqué des armes avec de l'argile et des roseaux. De même, ils ignoreraient le fait que la viande de «jamoka», zébu, était consommable, ils laissaient donc traîner le bétail dans les champs.
En fin de compte et en raison de ces précédentes hypothèses, l'image du vazimba se trouve encore plus ternie de par sa présupposée ignorance.
Selon la tradition orale malgache, la période vazimba (faha vazimba) se situait avant l'élargissement du royaume d'Alasora par le Roi Andriamanelo (1540-1575). A l'époque, les vazimba étaient les propriétaires de l'actuelle région de l'Imerina. Ils ne savaient pas s'unir dans un seul royaume. Ils rendaient donc plus facile à Andriamanelo la tâche de conquérir et d'occuper le territoire, et ce d'autant plus que ce dernier était déjà habile à concevoir des armes en métaux. Le «royaume» vazimba s'affaiblit. Ralambo et Andrianjaka poursuivaient la mission de leur prédécesseur Andriamanelo. Plusieurs vazimba furent tués, d'autres s'enfuirent dans la partie ouest de l'île. Le reste a rendu les armes et a cédé le «royaume» vazimba. Ce ne fut que sous le règne d'Andrianjaka (1610 -1630) que les derniers vazimba quittèrent le pays.

Au fil de l'histoire
Le Professeur Rafolo Andrianaivoarivony, archéologue, chef du département de civilisation à l'Université d'Antananarivo, a aussi sa vision du «vazimba» : le terme vazimba est un nom attribué à un ensemble de cette population qui formait les premiers Malgaches. En d'autres termes, sont appelés vazimba ceux qui ont décidé de vivre à Madagascar aux environs du XVème siècle.
Dans l'histoire de Madagascar, on distingue, dit-il, deux vagues de peuplement. La première est celle du peuplement des vazimba ou protomalgaches, et la seconde, celle du peuplement du nouveau Malgache. Ces deux vagues parlaient la même langue et avaient les mêmes cultures et civilisation. En décortiquant le terme vazimba, on obtient le préfixe «va» qui signifie peuple. Les vazimba ne sont donc autre que le peuple qui nous a précédés.
Les études archéologiques, anthropologiques historiques et linguistiques démontrent que ce sont des Indonésiens et des Africains mélangés jusqu'à preuve du contraire. Car il n'existe pas de préhistoire pour Madagascar. L'homme est venu ici par bateau et par embarcation.
En outre, l'histoire de la Grande Ile est étayée par la lutte contre cette population vazimba. Andriamanelo, durant son règne, ne supportait plus de vivre au milieu des divers royaumes vazimba qui envahissaient les hautes terres. Il les chassait et les expulsait vers l'ouest. Mais comme ces royaumes ne disparaissaient pas pour autant, alors, Ralambo, le fils d'Andriamanelo, et Andrianjaka, son petit-fils, poursuivaient cette «mission». Le règne de ces derniers vit enfin la destruction totale des royaumes vazimba.
Entre temps, des vazimba s'étaient confondus avec la population. Andriamanelo, lui-même, serait le fruit d'un mariage mixte car sa mère Rafohy ainsi que sa grand-mère Rangita étaient des vazimba. Il est surprenant de constater que les vazimba aient été durement maltraités alors que, par ailleurs, ils font actuellement l'objet de crainte et de respect, sinon considérés comme sacrés.

Une origine polynésienne
Il existe plusieurs versions sur le vazimba, chaque chercheur ayant élaboré sa propre analyse. Jean-Pierre Domenichini avance que le concept vazimba ne désignant pas une race aurait défini tout individu, toute société qui n'a pas dépassé un certain niveau technique caractérisé par l'absence de la connaissance de la métallurgie, de la riziculture et de certaines pratiques d'élevage, et par la suite tout individu ou groupe vazimba ayant réalisé cette révolution technique, deviendrait par ce fait même merina.
Pour sa part, Gilberte Ralaimihoatra affirme que cette population vazimba aurait une origine polynésienne et indonésienne. Elle est caractérisée par ses origines cosmopolites, sa peau claire et ses cheveux lisses. Elle est également réputée pour son dévouement et son habileté d'esprit. Son histoire en tant que telle a subi par la suite une dépréciation grandissante, à un tel point qu'elle n'est plus actuellement que mythe et légende. Dans le temps, les vazimba auraient traversé le Betsiboka, l'Ikopa, le Mangoro, le Sakay, l'Onive pour enfin s'installer sur les hautes terres où ils ont pu pleinement jouir de la période vazimba, durant trois cents ans.

Les vazimba, ancêtres des Malgaches ?
Edouard Ralaimihoatra, quant à lui, dans son ouvrage «Histoire de Madagascar» (article intitulé : Les Primitifs malgaches ou Vazimba) s'est plutôt préoccupé de l'origine de la population primitive malgache. Sandra Razafimahazo pense qu'on peut douter de l'homogénéité complète des Primitifs malgaches au point de vue ethnique. Néanmoins, l'élément indonésien formait le plus gros d'entre eux. Il a apporté dans l'île le fond de la langue malgache et des techniques d'origine indonésienne pirogues à balanciers, rizières inondées, cases en bois équarris ou en branchage construites sur pilotis, villages édifiés sur les hauteurs entourés de fossés, etc. Ce fond a reçu des apports résultant d'échanges humains entre l'Afrique et Madagascar, grâce à la navigation arabe entre les côtes de l'Arabie, de l'Afrique orientale et de la Grande Ile. Est-ce à dire que le vazimba n'est autre que le primitif malgache ? Les recherches et les études en cours continuent d'essayer d'apporter plus de précisions. Entre temps, les tombeaux et les lieux rattachés aux vazimba sont devenus des lieux de culte, avec leurs règles et interdits. Les enfreindre ou les bafouer attireraient colères et malédictions. Ainsi et paradoxalement, à tort ou à raison, les vazimba sont en même temps dénigrés et respectés.

Coutumes ancestrales





A la croisée du passé et du présent, à l’image du respect toujours dû aux rois coutumiers, les cérémonies traditionnelles sont souvent l’occasion de rassemblements impressionnants et hauts en couleur.

Le mouvement "Fifohazana"

Le Fifohazana ou Réveil, dont les membres sont appelés «Mpiandry» ou Bergers est un courant fondamentaliste très particulier du christianisme malgache. Il n’a pas été importé, mais est né de la perception que les fondateurs ont eux mêmes eut des Saintes Écritures. Les plus radicaux des Mpiandry sont reconnaissables à leur ample tenue blanche et leur chapeau à large bord orné d’un ruban également blanc. En ville, ils n’endossent cette tenue que pour le « Asa » ou Travail consistant en séances de prières et d’impositions de mains. Le Fifohazana possède 4 grands Centres de Formation et autant de courants : Farihimena, Manolotrony, Soatanana près de Fianarantsoa, et Ankaramalaza près de Manakara. Leurs grands rassemblements, auxquels les visiteurs étrangers sont les bienvenus, sont impressionnants.

Le "Tsanga-tsaina"

Tous les 5 ans le pays des Antakarana au Nord célèbre la Cérémonie du Mât ou Tsangatsaina. Le drapeau de la République côtoie alors sans problème celui à croissant et étoile rouge du souverain en uniforme napoléonien sur son palanquin. Le choix du nouveau mât qui portera pendant 5 ans les couleurs et valeurs Antakarana est des plus méticuleux. Précédée d’un pèlerinage aux Mitsio et dans les grottes nécropoles de l’Ankarana, sa mise en terre est une des fêtes les plus courues par les chasseurs d’image.

Le "Fanompoambe"
Le Fanompoambe est la Cérémonie de Bain des Reliques Royales des Sakalava du Boina, dont celles du roi Andriamisara. Ces ancêtres dont on a prélevé quelques dents et vertèbres sont considérés comme les intercesseurs entre Dieu et les hommes, et vénérés comme tels. Une salve de fusils de chasse salue la sortie des reliques de leur sanctuaire pour être baignées dans le sang de taureaux spécialement choisis. Elles ne regagneront leur place qu’après avoir fait 7 fois le tour du lieu sacré. Les déplacements dans cette enceinte sont très réglementés, notamment pour ce qui est de la tenue vestimentaire et de la coiffure des femmes. Même le premier pas doit impérativement être fait avec le pied droit ! Le Fanompoambe a lieu au sanctuaire de Miarinarivo -Tarakan Ambon, à Majunga.

Le "Fitampoha"

Les Sakalava du Menabe ont pour leur part le célèbre Fitampoha. Les reliques sont sorties de leur «zomba» à Belo sur Tsiribihina et acheminées jusqu’à Ampasy par des porteurs attitrés en pagne et bandeaux rouges. Les festivités sont alors ouvertes avec danses, chants, lutte traditionnelle «Moraingy». Pendant une semaine les ancêtres sont à l’honneur dans un décor magnifié par la pleine lune et les couchers de soleil rouges. Les reliques sont suspendues à des poteaux alignés sous une tente blanche appelée «rivots». Pendant le Bain des Reliques il est interdit de se chausser et de traverser la rivière Tsiribihina. Toute la cérémonie est régie par des «fomba» (coutumes) et un protocole bien rodé jusqu’au «Valabe» final décrit comme un grand moment de défoulement collectif. Pour rejoindre Ampasy il y a l’hélico, la descente de la Tsiribihina, et la (longue) route Tana-Antsirabe-Miandrivazo-Malaimbandy -Morondava- embarcadère Sainte Mary.

Le "Sambatra"
Tous les 7 ans, «l’année du Vendredi» dans le calendrier astrologique traditionnel, les Antambahoaka se réunissent à Mananjary pour la circoncision collective du «Sambatra». Elle concerne tous les garçons nés durant les 7 années précédentes, et a lieu à une date décidée par les «ombiasy» (astrologues) en fonction de l’apparition de la lune descendante. Des milliers de familles viennent alors de leurs campagnes pour 8 jours de réjouissances qui mettent Mananjary en effervescence.

Le Nouvel An malgache ou "Alahamadibe" ou "Asaramanitra"
Il est régulièrement célébré par certains clans nobiliaires comme les Zanadranavalona en attendant de retrouver une place à la mesure de la culture qu’il véhicule. L’Alahamadibe a ses rites basés sur les 3 règles du pardon, de la purification du corps et celle de l’esprit. Il était autrefois couplé au «Fandroana» ou rite du Bain, symbolisant cette purification. Les malgaches suivaient le calendrier lunaire introduit par les arabes. Chants, «Kabary» ou discours, danses folkloriques, partage de la viande de zébu marquent la célébration.

Les Fady (les tabous)
"Fady" peut se traduire par tabou. Ainsi l'autorité de "Razana" (l'ancêtre divinisé) est dictée à travers des ordres qui s'accompagnent de "fady". Enfreindre un fady équivaut à se rendre coupable envers les ancêtres. De ce fait, une complexité et une diversité importantes d'interdits se créent en fonction de chaque personne selon son sexe, son appartenance familiale ou communautaire. Mais également selon le lieu (espace) et la période (le temps). Par exemple une personne peut être soumise à un fady communautaire (ne pas manger de porc), un fady temporel (ne pas travailler un mardi), ainsi qu'à un fady géographique (interdisant de transporter telle matière sur une rivière ou parler devant un endroit précis).
La vie de tous les jours à Madagascar est régie par de nombreux fady qui varient d'une région à l'autre. Il est préférable de respecter ces interdits afin de ne pas les offenser, même si leur bien fondé est parfois discutable. Se renseigner sur les fady locaux lorsqu'on arrive dans un nouveau lieu. Mais les fady ne s'appliquant pas à tout le monde et encore moins aux vazaha (vazaha désigne les français mais pour d’autres, il signifie tout simplement “étrangers”), souvent, si vous enfreignez un fady, les malgaches présents restent très compréhensifs, ils se contentent de vous en avertir. Les fady sont plus nombreux en milieu rural.
Dans le sud de Madagascar, par exemple, il y est interdit de tuer et de manger une tortue. Quand on en rencontre une, il est de coutume de la cacher avec une branche de feuilles vertes ; ou mieux encore, la remettre dans le bois. C'est ainsi, d'ailleurs, que les Malgaches ont pu préserver, dans cette région, les belles tortues de l'île, ces créatures uniques au monde. Ce fady provient apparemment d'une légende que tout le monde connaît dans le sud.

Voici cette légende :
Il y a bien longtemps, un jeune homme appelé Sokake habitait dans le sud malgache, domaine de la "forêt d'épineux", appelée aussi bush. Sokake aimait bien faire la fête et, le soir venu, partait avec ses amis danser de villages en villages. Dans la journée, il devait travailler avec son père. Comme tous les paysans du sud malgache, Sokake était bouvier : il gardait dans les prairies un troupeau de zébus, des vaches à bosses et à cornes. Mais fatigué de sa tournée nocturne, Sokake tardait souvent à se réveiller…
Un jour... Il y eut un deuil dans le village. Comme tous les habitants se connaissaient, chacun avait un devoir de visite et de veillée pour le réconfort et le soutien des parents du défunt. Les parents de Sokake partirent alors accomplir leur devoir envers leurs voisins. Et tout le village passa la nuit à veiller. Puis le lendemain, vint le moment de l'enterrement.
Mais Sokake était toujours absent. Où était-il ? Que faisait-il ? Sokake s'amusait comme à l'accoutumée dans les villages environnants. Il ne vit pas passer le temps ! Le village mit donc le défunt en terre. Sur le chemin du retour pour son village, Sokake croisait du monde…C'étaient les paysans qui revenaient de l'enterrement.
Ils ne lui disaient rien mais leurs regards lui lançaient des reproches:
"Oh quelle horeur ! Sokake avait complètement oublié son devoir envers son village ! Quelle honte pour un jeune homme en âge de prendre une épouse ! Il aurait pu au moins rendre visite aux parents du défunt ! Ses amusements habituels l'avaient retenus et il avait tout oublié ! ... "
Et à chaque fois que des regards se posaient sur Sokake, il devenait de plus en plus petit… changeait de couleurs et … Sokake finit par devenir une tortue ! La carapace de la tortue cachait la honte du jeune homme. Et c'est ainsi que les tortues s'appellent aujourd'hui Sokake dans le sud de l'île.

Le Fomba (la coutume)
L'usage peut au fil du temps dériver sur une tradition ou "Fomba". S'opposer à la coutume entraînerait un châtiment de la part des ancêtres. La coutume veut, par exemple, qu'avant de boire ou de partager une boisson au cours d'un événement, on verse en guise d'offrande aux ancêtres un peu d'alcool sur le sol (symbolisant la terre).

L’Ombiasy (le sorcier, le guérisseur)
Les Malgaches ont depuis des générations appris à connaître les plantes et leurs propriétés afin d'utiliser celles-ci à des fins médicales. Ainsi dans la plupart des villages, on trouve des personnes qui possèdent certaines connaissances ou qui sont censées posséder des pouvoirs de guérison, à base de matières naturelles et notamment de plantes. Ils sont connus pour avoir la faculté d'entrer en contact avec les ancêtres qui leur dicteront les méthodes à employer, afin de guérir telle ou telle maladie ou manifestation clinique. Ces personnes sont appelées "Ombiasy", "Olona be hasina" (personnes aux grandes vertus). Les sorciers jouent évidemment un rôle important au sein de la communauté tant sur le plan politique que social. Il existe une deuxième catégorie de sorciers appelés "Mpamosavy", qui au contraire pratiquent une forme de magie noire et usent de sortilèges à des fins malfaisantes. Ils sont de ce fait craints et méprisés par la population. L'accès au tombeau familial leur est d'ailleurs interdit.

Les Ody (les talismans)
Les sorciers délivrent des amulettes ou charmes appellés "Ody". Ces "Ody" sont composés de diverses matières, comme des morceaux de bois, de la corne de zébu, des coquillages, des plantes, pièces de monnaie ou encore perles… Le "Mohara", par exemple, est un talisman, dont les pouvoirs varient selon sa composition. Son détenteur peut espérer richesse, pouvoir et réussite sentimentale. Ce pouvoir est obtenu, en échange de certains sacrifices.

Les Vintana (les destinées)
Les "vintana" rythment la vie quotidienne (sociale, culturelle et spirituelle) des Malgaches, particulièrement chez les "Antemoro". Dérivés de l'astrologie arabe et du calendrier lunaire introduit par ceux-ci, ils sont un appel au sens complexe de la destinée. En fonction des phases des astres et essentiellement de la lune, les actes importants de la vie en seront influencés. Entreprendre la construction d'une maison ou d'une pirogue, fixer la date d'un mariage, autant de questions qui seront résolues à l'aide des "Vintana".

Le Mpanandro (le devin)
Le "mpanandro" est un personnage important qui fait office d'astrologue, et dont la connaissance est intimement liée aux "vintana". Il est une des figures les plus respectées du village puisqu'il détermine les jours de meilleurs auspices pour les célébrations familiales (mariage, exhumation, etc) ainsi que les activités importantes (rencontre, travail, voyage). Une méthode appelée "sikidy" est utilisée pour déterminer l'avenir. Les prédictions sont analysées et influenceront les décisions et autres actions de la vie communautaire.

La Famorana (la circoncision)
Dans la tradition malgache tout enfant mâle doit êtres circoncis afin d'acquérir sa virilité. Dans les villages, lorsque le nombre de jeunes gens est devenu conséquent on décide alors d'engager la traditionnelle cérémonie. Celle-ci a lieu généralement durant la saison sèche et fraîche, c’est-à-dire entre juin et septembre. Elle donne lieu à de grandes festivités. Certaines circoncisions collectives réunissent plusieurs milliers de personnes comme chez les Antambahoaka de Mananjary avec la fête du "Sambatra" qui a lieu tous les sept ans.

Des interdits sur les noms propres
Des interdits sur les noms propres qui font de la langue malgache une langue pleine de poésie... De tout temps, à Madagascar, le nom d'un futur nouveau-né est le fruit d'une recherche qui, parfois, dure tous les mois de grossesse. Et de tout temps, à Madagascar, les noms de personnes sont presque toujours formés par la composition de mots pris dans l' usage courant, afin qu 'ils aient une signification.
Dans certaines régions, la tradition interdit l'emploi, après la mort du souverain ou d'un chef important, des mots qui entrent dans la composition de son nom, parfois même de ceux qui ont une sonorité trop rapprochée. D'autant que pour qu'il n'y ait pas d' ambiguïté et que l'usage soit le même pour tous, les interdits sont proclamés en public, au moment de l'ensevelissement du défunt et, en même temps, les nouveaux mots à utiliser sont indiqués. Cet usage est pratiqué en pays bara et betsimisaraka, mais surtout chez les Sakalava. Le mot substitué est, en général, constitué grâce aux très grandes possibilités de la langue malgache par le procédé de la dérivation d'une racine, déjà connue et utilisée, donnant un mot caractérisant, en fait, un aspect ou une qualité de la chose précédemment désignée par le mot interdit. C'est ainsi qu'après la mort de la reine Tsiomeko, à Nosy Be, dans le courant de la première moitié du 19ème siècle, l'emploi de la racine "ome" (action de donner) et de ses dérivés est interdit dans la région. Il est alors décidé que la racine "tolotro" (action d'offrir - tolotra en merina) lui sera substitué dans tous ses emplois.
Comme, par ailleurs, l'usage du nom du feu (afo) a déjà été "fady" et que le mot "mahamay" (qui brûle, brûlant) lui a été substitué, il n'est plus d'usage de dire "omeo afo aho" (donnez-moi du feu), mais "tolory mahamay aho" (offrez-moi quelque chose qui brûle, de brûlant), dans l'espoir de rendre le même sens. Cette nouveauté est incompréhensible, sans apprentissage, même pour un Malgache d'une autre région.
De tels usages ont été, évidemment, dans les régions où ils furent pratiqués, de nature à entraîner une diversification du vocabulaire, sans que pour autant la structure fondamentale de la langue ait été modifiée. Ainsi, par exemple, il est possible de remarquer que, dans la région d'Antsiranana, on traduit l'eau (rano) par "mahetsaka" (qui désaltère). Mais cet usage ne nuit en rien à l'unité de la langue.
Parallèlement, dans tout Madagascar, il existe des vocabulaires spéciaux usités à l'occasion de certaines relations sociales et ceux utilisés à l'occasion de certaines pratiques ésotériques.
Dans le premier cas, on peut citer en pays antanosy, l'emploi du mot "fandia" pour désigner le pied du chef, le mot "tongotse" étant d'usage commun ; ou le verbe "mikama" pour désigner le chef en train de manger, le verbe "mihina" étant aussi d'usage courant... En pays sakalava, également, on constate l'introduction de vocabulaires spéciaux, tels que "zomba" à la place de "trano" (maison), tiré du swahili "dijumba", "kabeso" à la place de "loha" (tête), pris au portugais "cabeça", ou "tezetse" (en colère) à la place de "meloky", dérivé du merina "tezitra". A préciser que, si en pays bara, on utilise "kabeso" pour la tête, le mot "loha" a "une signification nettement injurieuse.
On note aussi l'utilisation de mots à l'occasion des pratiques de divination. "La pratique du "sikidy" s'accompagne de l'emploi de termes particuliers, d'origine arabe comme le nom même de la pratique. La raison en est, évidemment, de ne rendre la pratique intelligible qu'aux seuls initiés. Cependant, il est remarqué que certains mots de ce vocabulaire intègrent le langage courant. Ainsi, en "sikidy", par exemple, on utilise le mot "tale" pour désigner le consultant. Mot devenu usuel dans les relations entre particuliers dans l'Ouest et le Sud pour désigner l'homme, surtout le chef. Ce dernier sens vient du fait que dans la disposition des figures du "sikidy", celle qui représente le consultant est numérotée comme étant la première. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'en merina, l'usage du mot se développe pour désigner certaines personnes détenant direction et responsabilité.

Le Lambahoany





Porté indifféremment par les hommes et par les femmes, le lamba accompagne celui qui le porte jusque dans la tombe. En effet, c'est pour les Malgaches un attribut de dignité ou d'amour : on échange des lambas lors de fiançailles par exemple. Les hommes portent plutôt des lambas en grège de couleur sombre agrémentés de lignes verticales, les femmes en portent des blancs ou de très colorés qu'elles nouent sous les aisselles, autour de la tête ou à la taille. Lorsqu'il est porté sur les épaules, un pan est rejeté en arrière du côté gauche. Lorsque ce pan est rejeté du côté droit, cela signifie que la personne est en deuil.
A l'origine les tissus étaient fabriqués à la main avec du raphia, des fibres de banane et d'arbre et de la soie sauvage. Au 16ième siècle avec l'arrivée des Portugais le coton a été introduit dans l'île. Au début les tissus en coton étaient réservés aux rois et princes malgaches par rapport au coût de production. A l'époque de Flacourt la soie a également été introduite à Madagascar. Les dessins apparaissant sur les lambahoany ont été influencés par ceux des Sari Indien, le Sarong d'Indonésie et les textiles traditionnels africains. Aujourd'hui la plupart des lambahoany sont produits en Inde. L'usine CoToNa d'Antsirabe (ouverte en 1950) continue de produire des lambahoany locaux prisés par les malgaches. Ceux fabriqués de manière artisanale à la main sont également de plus en plus demandés car la qualité d'impression est bien meilleure (en sérigraphie), et le coût de revient à la portée de tous.
Il existe plusieurs sortes de lambas :
- le lambahoany : pièce de coton imprimé qu'on noue sous les aisselles ou à la taille (on le trouve surtout dans les régions côtières).
- le lamba telo soratra : formé de trois bandes de couleurs différentes.
- le lamba arindrano : vêtement de cérémonie des nobles, des riches ou des personnes âgées.
- le lambamena qui est le linceul.
- l'arindrano landihazo composé de soie et de coton.
- le jabo-landy composé de soie et de raphia.
- le salaka : sorte de pagne passé autour des reins et entre les jambes.
Concernant le lambahoany, le plus intéressant des lambas parce qu'il est un véritable outil de communication, c'est un panneau de tissu imprimé typique de Madagascar qui comporte souvent une inscription en malgache sous forme de proverbe ou de message. Concernant la fabrication on distingue les « vita gasy » qui sont produits à Madagascar des « vita avy any ivelany » produits à l'étranger.
Il existe deux types de lambahoany :
- le lambahoany classique en tissu imprimé composé la plupart du temps d'une image centrale et de petits dessins sur le pourtour avec une inscription. Il mesure en général 1,10m par 1,60m. Les motifs de la bordure sont géométriques et symétriques et les images centrales représentent soit une abstraction, soit un paysage de nature, soit la vie quotidienne des Mlagaches ou encore des symboles de richesse. L'image et l'inscription étant souvent liée, l'ensemble sert souvent à transmettre un message.
- le salovana est très long et mesure 1,10m par 4m. Il est fait de plusieurs types de tissus (coton ou polyester).
Sur la côte les lambahoany sont utilisés comme des habits parce qu'ils peuvent être facilement lavés et séchés. Ils sont aussi utilisés pour porter les bébés sur le dos, des objets sur la tête en les roulant en cercle, comme serviette de plage, nappe de table, tableau mural... Le lambahoany est porté différemment selon les ethnies : les femmes Sakalava, par exemple, en mettent un autour des hanches et des seins, puis un deuxième pour draper leurs bras ou pour couvrir leur tête. Les hommes les utilisent aussi généralement autour de leurs tailles.
Les lambahoany permettent aussi de refléter l'état de richesse d'une personne. Les images présentant du bétail (zébus ou oiseaux), l'agriculture (vanille, épices...), pirogue ou charrettes indiquent la richesse potentielle par rapport à son commerce. Aujourd'hui on trouve d'autres images indiquant la richesse de son propriétaire : voiture, motos, grands bateaux ou même billets de banque... D'ailleurs le message inscrit correspondant aux billets est souvent : « Tsara vola maro mitady » qui signifie « l'argent est bon et nombreux sont ceux qui le cherche ».
En général on trouve deux types de messages à faire passer : les gentils et les malins. Pour les messages d'amour par exemple on peut trouver : « Varga-lambohoany zalo koa tiavao » qui veut dire « achète moi un lambohoany si tu m'aimes vraiment ». Les maris peuvent aussi en offrir un avec la mention « Tiako anao radiko o ! » qui signifie « je t'aime ma femme ! ». Il est de coutume aussi d'offrir un lambohoany au visiteur lorsque ce dernier repart ou à des amis pendant les fêtes avec des mentions comme « Bon anniversaire » ou « Joyeux Noël ». Pour le nouvel an on trouve des lambohoany avec des calendriers imprimé dessus. Si on veut passer un message malin, voir méchant sans affronter directement la personne concernée (un adversaire ou un rival) on trouve toujours un lambohoany avec le message adéquate. Puis on le porte et on marche devant la personne en question. Par exemple à Majunga, si une femme est accusée d'adultère avec son petit ami, la concubine porte le message suivant à destination de la maîtresse : « Ambonin'ny rafiko zaho » qui signifie Je suis supérieure à ma rivale ». Certaines femmes qui cherchent à se mettre en couple portent parfois le message suivant : « Jehilahy tsy manam-bola tsy tafiditra antranoko » qui veut dire « L'homme qui n'a pas d'argent ne rentre pas dans ma maison ».
Certains sont aussi utilisés par le Gouvernement. Entre 1972 et 1975, le Président Ratsiraka a commandé à la SoTeMa des lambohoany avec des lettres afin d'encourager l'alphabétisation. Le Président Ravolomanana a distribué 10000 exemplaires de lambohoany contenant un message pour la lutte contre le SIDA.
Les lambohoany sont donc des véritables outils de communication et transmettent, au sein de la population malgache par le biais de la tradition vestimentaire, des messages efficaces permettant de sensibiliser les gens sur certains sujets. Le lamba a essaimé dans les Mascareignes et particulièrement à l'île de la Réunion où il est un vêtement de plage équivalent du paréo.
En avril 2012, une exposition scientifique sur le Lambahoany s'est tenue à l'immeuble Holcim Tsaralalana d’Antananarivo ayant pour titre « le Lambahoany : art et fait social ». Selon Madame Bako Rasoarifetra, enseignant-chercheur à l’IC-MAA et conceptrice de l’exposition scientifique : « Le Lambahoany, très prisé par l’ensemble de la population malgache peut être considéré comme un « fait social » car il est lié à plusieurs aspects fondamentaux de la vie sociale, qu’il exprime à maintes occasions. »
Cette exposition est née de cette fabuleuse valeur à la fois culturel et symbolique du Lambahoany dans la société malgache. A la fois un tissu, un tableau, un vêtement, le Lambahoany habille les vivants comme les morts. Selon les dires de Madame Chantale Randriamilahy, Directeur Général du Musée d’art et d’Archéologie d’Antananarivo, le Lambahoany est un aspect de la culture matérielle et immatérielle de Madagascar. Son histoire permet ainsi, d’envisager une redécouverte du patrimoine culturel et d’allier culture et économie.
Source : Joanna Bresee, "Lambahoany : Une Utile de Communication", projet d'étude, 2007

La vanille de Madagascar





Contrairement aux idées reçues la vanille Malgache comme celle des Comores font parti de l'AOC VANILLE BOURBON. La vanille de Madagascar est reconnue mondialement pour sa qualité. Le vanillier est une espèce introduite à Madagascar vers 1871 et les bonnes conditions climatiques et le sol fertile de la Grande Ile assurent une bonne production de vanille.
Deux pays, Madagascar et l'Indonésie, assurent cependant l'essentiel de l'approvisionnement mondial. Alors qu'au-cours des années 1990, la production indonésienne était passée en tête, Madagascar a recouvré aujourd'hui sa position dominante. À Madagascar, en 2004, la vanille faisait vivre 80 000 planteurs. Elle est surtout cultivée dans la région de Sava, au nord-est de l'île où l'on trouve 24000 des 29500 hectares plantés dans l'île. On recense les autres plantations pour 1500 ha autour de Diego Suarez et pour 3800 ha dans la région de Toamasina, le port par lequel les exportations de l'épice sont réalisées.

Notions d'histoire

La vanille est originaire d’Amérique Centrale. Les Aztèques s’en servaient déjà avant la découverte du nouveau monde pour aromatiser leur chocolat. Ils l’appelaient « Tlilixochitl » qui signifie « gousse noire ». Lorsqu’il fut invité par l’Empereur Moctezuma à déguster une boisson chocolatée aromatisée à la vanille, Hernando Cortéz, Conquistador du Mexique, fut certainement le premier européen à découvrir cette épice. On raconte que l’Empereur buvait cette boisson parfumée à la vanille avant de rendre visite à ses femmes. Malgré le fait que les Aztèques aient pris grand soins de garder le secret de la boisson ainsi aromatisée, les Conquistadores découvrirent très vite l’origine de cet arôme. C’est en 1510 que la vanille fait son apparition à la cours d’Espagne et près de 10 ans plus tard en France où on l’utilisera essentiellement pour parfumer le café et le chocolat.
Ce n’est qu’au début du XIX siècle que des plants de vanille furent importés successivement à Java, à la Réunion puis à Maurice pour tenter de cultiver cette fabuleuse aromate. Alors qu’au Mexique, la fleur se fécondait grâce à une abeille du genre Melipones et sans intervention humaine, ce ne fut pas le cas sur les autres continents où l'abeille n'était pas endémique. Après plusieurs tentatives de pollinisation artificielle en 1836 au jardin botanique de Liège puis en France, ce n’est qu’en 1841 qu’un jeune esclave dénommé Edmond Albius réussi à mettre au point le procédé de fécondation encore utilisé de nos jours. Cette découverte à contribué fortement à l’essor de la culture sous d'autres horizons. En effet, la vanille fait son apparition dès 1848 à La Réunion, alors appelée « Ile Bourbon », puis en 1866 aux Seychelles, en 1871 à Madagascar, vingt ans plus tard aux Comores, à Tahiti, puis en Ouganda et à Ceylan en 1912.
Ce sont des planteurs réunionnais qui introduisent la culture de la vanille à Madagascar sur l’Ile de Nosy Be au nord-ouest dans le canal du Mozambique. La plante prendra son envol sur la côte-est dans les régions d’Antalaha et de Sambava au climat chaud et humide favorable au développement de la plante. L’engouement est exponentiel et en 1919, Madagascar produira plus de 1.000 tonnes de vanille soit plus de 10 fois la production de la Réunion à cette époque.

La vanille malgache aujourd'hui

A Madagascar, selon les derniers recensements, on cultive la vanille sur près de 64.000 ha. Cette surface est répartie sur 10 régions de la grande Ile. Plus de 80.000 planteurs, 6.000 préparateurs et 33 exportateurs, constituent les principaux acteurs de la filière.
Avec 80 % des exportations de vanille de Madagascar, la région SAVA est la principale zone de production de Vanille à Madagascar.
La région SAVA se trouve dans le nord-est de Madagascar et elle représente en surface plus de la moitié de la province d’Antsiranana à laquelle elle est administrativement rattachée. La région est limitée à l’Est par l’Ocean Indien, au Nord par la sous-préfecture d’Antsiranana II, à l’Ouest par les sous-préfectures d’Ambilobe et de Bealalana et au Sud par les confins de la province de Tamatave et de la baie d’Antongil. Elle regroupe les préfectures de Sambava, Antalaha, Vohemar et Andapa d'où le nom de la région S.A.V.A.

Le Fanorona





Malgré la diversité des cultures et des activités ludiques rencontrées à Madagascar, l'ensemble du peuple malgache voue un engouement particulier au jeu du Fanorona. C'est un jeu traditionnel apparu vers la fin du XIVème siècle qui est devenu aujourd'hui le jeu national malgache. Ce jeu a tenu un rôle important dans les rites malgaches et semble avoir été investi de vertus divinatoires.
Le Fanorona, se prononçant "Fanour" en malgache, est donc un jeu de société combinatoire abstrait propre à la grande île. Les règles de ce jeu se transmirent de génération en génération, altérant ainsi, les principes originelles. Aujourd'hui, les règles de ce jeu traditionnel divergent d'une province à l'autre. Le Fanorona bénéficie d'une grande popularité et constitue le principal divertissement ludique dans toutes les provinces du pays.
L'origine du Fanorona est assez mystérieuse en ce sens qu'elle repose sur des hypothèses hasardeuses, généralement issues de traditions orales véhiculées depuis plus de 500 ans. Selon R.P Callet, historien et missionnaire français, les premiers habitants de l'île (les Vazimba) furent les premiers à jouer au Fanorona. Pour d'autres penseurs, Andriantompokoindrindra (prince héritier de Ralambo), serait l'inventeur de cette activité ludique. Au sein de la principauté, ce jeu suscitait l'engouement de toutes les classes sociales : les nobles comme les hommes libres. Afin d'assurer la pérennité des récoltes, il fut alors interdit de jouer au Fanorona durant la saison des pluies.
Pour jouer à ce jeu de stratégie, il est nécessaire d'user de tactiques, de réflexion et de ruse. Les joueurs utilisent un tableau appelé lakapanorona composé de cinq rangs et de neuf colonnes, sur lequel ils disposent 44 pierres (Vato), de deux couleurs différentes. Le déroulement du jeu consiste à capturer les pierres de l'adversaire en s'en écartant ou en s'en approchant. Le plateau de jeu est tracé sur tout type de support : plateau de bois, pierre, terre, papier, carton... et les pions utilisés sont souvent faits avec ce qui peut être trouvé sur place : cailloux, craie, boules de papier... Si les règles et le plateau peuvent différer pour les plus jeunes, le fanorona est joué par tous, des enfants aux plus anciens. Assister à une partie de fanorona, c'est d'abord écouter les commentaires des joueurs, ainsi que ceux du public, qui n'hésite pas à intervenir pour encourager ou disserter sur le dernier coup.

Vous pouvez télécharger ce jeu pour Android (pour smartphone et tablette) sur l'Android Market : le lien sur le net, ici, et un autre pour le centre d'aide du jeu sur le site du développeur, ici.

Règle du jeu
(pour ceux qui souhaiteraient s'essayer à une partie une fois rendu à Madagascar)

Le fanorona possède la caractéristique particulière de donner une chance au vaincu de se « rattraper » avec une partie à handicap (par le « Vela », dont nous verrons les mécanismes ci-dessous). Son mécanisme de jeu et notamment de prise, est réellement unique. Loin de la prise par saut (jeu de dames par exemple), par substitution (jeu d'échecs), par encadrement (tablut) ou par retournement (othello), les pions sont en fait capturés par approche ou par éloignement. Ce mode original de prise, aboutissant à des parties dans l'ensemble très rapides, déroute souvent les joueurs néophytes lors des premières parties.

On distingue 3 types de fanorona :
- le fanoron-telo ou fanorom-bazaha («fanorona des blancs»), pratiqué par les jeunes enfants
- le fanoron-dimy
- le fanoron-tsivy

Le premier d'entre eux n'est en fait qu'un tic-tac-toe, bien connu de nos enfants (diagramme ci-contre). Opposant 2 joueurs, le but du jeu est d'aligner le premier ses 3 pions. Le plateau de jeu est vide initialement, les joueurs posant leurs pions un à un, puis les déplaçant d'une intersection vers une autre afin de tenter de former un alignement.
Le fanoron-dimy et fanoron-tsivy (que l'on nomme fanorona) obéissent tous deux aux mêmes règles ; seul la taille du diagramme change (5x5 lignes pour le fanoron-dimy, 9x5 lignes pour le fanoron-tsivy).

Le but du fanorona est de capturer tous les pions adverses ou de faire en sorte qu'ils ne puissent plus se déplacer.

Le plateau de jeu (le lakam-panorona, littéralement « arène de jeu ») est composé de 5 x 9 lignes, dont certaines intersections sont reliées entre elles par des diagonales. Les intersections possèdent toutes des noms, selon leur situation. Par exemple, l'intersection centrale se nomme « lakabe » ; les 4 intersections de coins, « lohalaka »...

Le fanorona oppose deux joueurs possédant chacun de 22 pions (les Vato), qui seront placés au début du jeu sur toutes les intersections du plateau de jeu, à l'exception de l'intersection centrale. La position initiale des pions est indiquée ci-dessous :


Les joueurs déplacent à tour de rôle un pion. Chaque pion peut se déplacer dans toutes les directions, en suivant le tracé des lignes, de son point d'origine vers une intersection adjacente libre. Un pion ne peut sauter au dessus d'un autre. La prise de pion, quand elle est possible, doit être obligatoirement jouée. Un pion peut effectuer une prise si un ou plusieurs pions adverses se trouvent sur sa ligne de déplacement et que le pion joué vient au contact des pions adverses, ou s'en éloigne. Tout pion capturé est enlevé du jeu. Seule la première prise est obligatoire.

Exemple de prise par approche :
Dans le diagramme ci-contre, si le joueur noir déplace son pion comme indiqué, il capturera les 2 pions blancs marqués d'un « x », qui seront alors retirés du jeu.


Exemple de prise par éloignement :
Sur ce diagramme, le pion blanc, en se déplaçant comme indiqué, va pouvoir capturer les 3 pions noirs marqués « x ».
Tant que le pion joué est capable de capturer des poins adverses, il peut dans le même tour enchaîner plusieurs prises en changeant à chaque fois de direction.
Dans son mouvement, il ne peut revenir sur une place qu'il a déjà occupée, mais peut passer sur des intersections déjà occupées par des pions adverses pris au cours de ce même coup.


Dans l'exemple ci-dessous :
Le pion noir, en reculant lors de son premier mouvement, capturera les 2 pions blancs « 1 ». Puis, ce même pion noir pourra enchaîner par un deuxième mouvement qui lui permettra de capturer les 3 pions blancs « 2 ». Enfin, lors d'un dernier mouvement, le pion noir capturera les 3 pions blancs « 3 ». Au final, 8 pions capturés en un seul coup !


C'est cette succession de mouvements et de prises qui rendent le fanorona, autant attrayant que déroutant dans ses premières parties.
Il n'est pas permis de prendre en avant et en arrière au cours d'un même déplacement.

Sur le diagramme ci-dessous :
Si le pion blanc prend les 3 pions noirs « 1 » en se déplaçant comme indiqué, il ne pourra pas prendre le pion noir « 2 » en revenant sur sa position initiale.


Au fanorona, la partie nulle est possible quand les 2 joueurs se retrouvent avec peu de pions. Il est alors préférable de déclarer la partie nulle, afin d'éviter de nombreux déplacements stériles sans prise (les 2 joueurs ne prenant plus de risques d'être capturés).

Chaque partie de fanorona est composée d'une manche normale, appelée « riatra », et d'un manche de rattrapage pour le vaincu, le « vela ». Le vaincu commence la partie de Vela. A chaque tour, le vaincu ne pourra capturer qu'un seul pion. Le vainqueur déplacera à chaque tour un de ses pions, sans pouvoir en capturer à son adversaire ! Ce n'est seulement quand il ne reste que 5 pions au vainqueur, que la partie peut reprendre normalement. Au vaincu de profiter alors de sa supériorité numérique pour gagner le vela et obtenir ainsi le droit de recommencer une partie normale. Au contraire, si le vainqueur réussit à gagner tout de même le vela, montrant ainsi encore plus sa supériorité, il sera nécessaire au vaincu de recommencer une partie de Vela jusqu'à la victoire, ou d'abandonner définitivement le match.

Comme le nombre d'ouvertures (de premier coup) est très restreint (5 au total), et afin de donner les mêmes chances aux 2 joueurs, une rencontre de fanorona peut se disputer en 10 parties, chaque joueur débutant à tour de rôle avec une ouverture différente.

Si une partie de fanorona est souvent animée et commentée, il existe cependant certaines règles tacites de conduite : lors d'une succession de prises (plusieurs mouvement en un seul tour), il est bien vu de ne pas réfléchir entre les différents mouvements du pion ; de même, on ne rectifie pas un coup commencé et on ne promène pas son doigt ou sa main au dessus du plateau de jeu inutilement.
Au bout de quelques parties, on peut commencer à appréhender quelques stratégies : comme à l'awalé, ou aux dames, il faut savoir donner pour recevoir. C'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher à défendre coûte que coûte ses pions de prises, mais plutôt, en sacrifiant un ou quelques pions, d'amener des configurations de pions qui aboutiront à des prises multiples. On s'aperçoit aussi rapidement que les « lakas » (intersections à 8 branches) sont appréciables, de par la possibilité de mouvements qu'elles donnent. Dans l'imaginaire malgache, les « lakas » sont d'ailleurs assimilées à des montagnes, permettant de dominer le territoire, en l'occurrence le plateau de jeu. La gestion de la fin de partie, par la succession de mouvements sans prise (les « paikas »), est aussi relativement technique et permet souvent à des joueurs plus expérimentés de remporter la victoire, voire de renverser une situation qui était perdante.

Astrologie et divination malgaches



Le Mpanandro (l'Astrologue)
Le Mpanadro est consulté pour les décisions essentielles afin de déterminer les jours de « bonne destinée » ou encore les jours néfastes (soit ceux durant lesquels on ne doit rien accomplir). Il indique les jours favorables d’après l’âge de la lune, tenant ainsi compte du déroulement du mois lunaire avec l’enchaînement des 28 destins. Il connaît ainsi le commencement de la nouvelle lune et la fin de son dernier quartier, les divisions de chacun des douze mois de l’année en cours (tonon’andro), les destins (tonom-bintana) qu’ils soient forts, favorables ou malheureux.
Il se base sur le destin au jour de la naissance d’une personne, et distingue ainsi pour le déroulement de la vie de celui-ci, les périodes favorables ou non. Il a ainsi besoin de juste savoir sous quel destin est né(e) celui/celle pour lequel on vient le consulter, s’il s’agit d’un grand destin majeur (renivintana) ou un destin mineur (zana-bintana), et en cas de mariage, si les destins ne sont pas opposés. D’après ces indications, il déduira les jours propices pour chaque événement.

En malgache « Iny zaza iny angamba teraka Alahamady » veut dire : "cet enfant doit être né sous le signe d’Alahamady", c'est à dire né sous un bon signe et sera chanceux. A contrario lorsqu’on dit « tena teraka Alakaosy mihitsy angamba ka », cela veut dire : "il/elle a dû vraiment naître sous le signe d’Alakaosy", c’est-à-dire sous un signe qui ne porte pas chance.

La culture malgache tire son originalité de sa confluence entre plusieurs civilisations : asiatique, africaine, arabe et européenne. Selon la tradition astrologique héritée des Arabes, chaque individu naît avec un destin favorable ou défavorable, appelé vintana, ce destin que « seul Dieu peut changer ». Par ailleurs, à Madagascar, chaque événement important (mariage, enterrement, le famadihana ou retournement des morts, pose de la première pierre d’une construction, etc..) doit avoir lieu un « bon » jour, un jour de « bonne destinée », déterminé lors de la consultation incontournable d’un mpanandro (devin-astrologue).

Le calendrier malgache
Il compte douze mois. Chaque mois comporte des destins et il en existe 28 dans une année du calendrier malgache. A chaque destin correspond une signification déterminant ainsi un destin majeur ou mineur, favorable ou non.
Par ailleurs chaque mois avec ses 28 destins est une lunaison : espace de temps qui s’écoule entre deux nouvelles lunes consécutives.

Mois / Nombre de destins :
1. Alahamady / 3
2. Adaoro / 2
3. Adizaoza / 2
4. Asorotany / 3
5. Alahasaty / 2
6. Asombola / 2
7. Adimizana / 3
8. Alakarabo / 2
9. Alakaosy / 2
10. Adijady / 3
11. Adalo / 2
12. Alohotsy / 2

Correspondance avec les signes astrologiques du zodiaque :
Alahamady : Bélier        Adaoro : Taureau
Adizaoza : Gémeaux            Asorotany : Cancer
Alahasaty : Lion        Asombola : Vierge
Adimizana : Balance        Alakarabo : Scorpion
Alakaosy : Sagittaire        Adijady : Capricorne
Adalo : Verseau        Alohotsy : Poisson

Orientation de la maison traditionnelle des Hauts-Plateaux
Les points cardinaux possèdent chacun une force symbolique, et l’on se situe, ses objets, soi-même, sa maison, par rapport aux directions et leur signification.
Précisons que les maisons modernes ne suivent plus tout à fait ces normes, le schéma ancien s’appliquant davantage aux maisons traditionnelles. Celles-ci sont orientées nord-sud, l’unique porte d’entrée se trouvant à l’ouest.
Sont placés, avec leurs destins, dans les quatre coins de la maison les mois suivants :
- Alahamady (premier mois lunaire de l’année) dans le coin Nord-Est (également le coin des ancêtres, une direction sacrée)
- Asorotany dans le Sud-Est
- Adimizana dans le Sud-Ouest
- et Adijady dans le Nord-Ouest
Les 8 autres mois, avec leurs deux destins, sont placés sur les murs, par deux.
Lorsque les maisons ne disposent que d’une seule pièce, l’espace est répartie selon le schéma ci-dessous. Tout se passe autour du pilier central, l’andry, également symbole du père. Au pied de celui-ci, se prépare la cuisine, également symbole de foyer et d’union. La partie NE est réservée aux aïeux, aux grands-parents, aux ancêtres. C’est ici qu’on couche le mort avant de le déposer dans le tombeau familial.

Les maisons typiques des Hauts-Plateaux sont souvent surmontées d’un étage auquel on accède par un escalier extérieur. Elles sont ornées d’un balcon en bois fermé par une balustrade et soutenu par des piliers en brique.



Source : http://tattum.canalblog.com

Le Sikidy ou Sikily : la divination malgache

Le Sikidy, appelé Sikily dans le sud Malgache, est la technique divinatoire pratiquée sur toute l'île de Madagascar pour prédire l'avenir. Les prédictions sont exclusivement pratiquées par le chaman (le devin) que l'on nomme Maître Ombiasa (on dit aussi l'Ombiasy ou encore Mpisikidy). L'Ombiasa est donc le devin mais c'est aussi le sorcier et le guérisseur. Il prédit l'avenir en disposant des graines sur une natte, c'est l'une des figures les plus respectées du village puisqu'il détermine les jours de meilleurs auspices pour les célébrations familiales (mariage, exhumation, etc) ainsi que les activités importantes (rencontre, travail, voyage) : la vie du village est entièrement basée sur ses prédictions qui sont analysées et qui influenceront les décisions et autres actions de la vie communautaire.

Cette technique de divination s'inspire de la géomancie arabe qui s'est répendue en Afrique subsaharienne avec l'invasion islamique, liée notamment au commerce des esclaves. A Madagascar, le moyen Orient s'invite sur l'île à partir du IXème siècle par la côte est de l'île, Perses, Arabes et Juifs arabisés implantèrent commerces, culture, religion mais également leur pratiques divinatoires ainsi que leurs rituels magiques. On peut suposer que la naissance du Sidiky est issue de cet étrange mélange culturel.

Le Sidiky utilise des graines de fano séchées ou de tamarin qui seront disposées sur le sol, selon un rituel et un exercice délicat, par le devin pour prédire le destin du consultant. Le tirage du Sikidy fait apparaitre des formes géométriques précises comme celles que l'on connait à travers la géomancie. Le devin, avant de pratiquer la divination par le Sikidy, doit se préparer à certaines incantations permettant d'interpeller les "esprits du sol" ainsi que les "esprits des cieux". Pour se faire il utilise des livres inaccessibles de magie ancienne introduits par la noblesse arabe Antemoro. Après ces rituels secrets d'invocation le devin saura si les auspices sont favorables à la divination Sikidy ou pas. Le devin pourra ensuite commencer à mélanger les graines puis, après la récitation de prières magiques précises, le Maître Ombiasa prendra deux poignées de ces graines pour n'en faire qu'un nouveau tas. Il retirera les graines du tas, deux par deux, il lui faudra reproduire cette opération 16 fois. Il dispose les graines extraites sur la natte en formant un tableau. Ce tableau est constitué d'une partie supérieure et d'une partie inférieure. La partie supérieure nommée la matrice est construite au hasard. La partie inférieure appelée colonne fille est calculée à partir de la précédente selon des règles précises. Chaque case du tableau contient une ou deux graines. Il en résulte une apparition de 16 figures ayant la forme de quadruplets placés dans un tableau dont vous pouvez lire les noms et sens ci-dessous.

Asombola

Symbolique: Le dernier maillon de la chaine
Son binaire: Tareky
Interprétation: Cette figure fait référence au patrimoine héréditaire du consultant. Si Asombola est bien positionnée dans le tirage Sikidy cela signifie que le consultant est bien portant de la tête aux pieds, il possède une force mentale intelligente et sage lui permettant d'influencer positivement son entourage. Si Asombola est mal associé, la santé mentale ou physique du consultant peut représenter un handicap pour son évolution, il se sentira mal dans sa peau et devra trouver une solution pour rétablir l'équilibre.

Tareky

Symbolique: L'entrelacement
Son binaire: Asombola
Interprétation: Tareky fait référence aux liens positifs ou négatifs entre père et fils. Si Tareky est bien positionnée dans le tirage Sikidy, cela signifie que le consultant est disposé à faire régner l'harmonie et l'intelligence dans ses relations avec les autres, tout en recherchant des espaces de solitude pour son propre épanouissement. Si Tareky est mal associé, il se peut qu'un homme futé cherche à user de charlatanisme pour semer le trouble et désunir ce qui est solidement uni; à moins qu'il ne s'agisse du consultant lui même et de ses mauvaises actions.

Alikisa

Symbolique: La joie mitigée
Son binaire: Alahijana
Interprétation: Cette figure fait allusion à l'idée de se réjouir tout en étant embarassé par une situation. Si Alikisa est bien positionnée dans le tirage Sikidy cela signifie que le consultant va vivre une joie personnelle intense sur un fond d'inquiétude, mais il bénéficiera de protection pour supporter les obstacles. Si Alikisa est mal associé, le consultant éprouvera des difficultés liées à une situation personnelle compliquée.

Alahijana

Symbolique: L'évenement
Son binaire: Alikisa
Interprétation: Alahijana fait référence à un évènement qui frappera brutalement le consultant ou sa famille. Si Alahijana est bien positionnée dans le tirage Sikidy, cela signifie que le consultant est passionné ou fortement attiré par les voyages, il risque de faire un déplacement sans l'avoir décidé. Si Alahijana est mal associé, il se peut que le consultant éprouve des difficultés en rapport à une certaine instabilité sentimentale ou professionnelle, il est important de garder son calme quelque soit la situation.

Adalo

Symbolique: L'apparence
Son binaire: Alohotsy
Interprétation: Cette figure fait allusion au manque d'humilité liée à une apparence physique avantageuse. Si Adalo est bien positionnée dans le tirage Sikidy cela signifie que le consultant pourrait bien profiter de ses atouts physiques pour obtenir des avantages non négligeables de la part de personnes aisées, il y a possibilité de prospérer dans les affaires. Si Adalo est mal associé, cela signifie que le consultant soigne plus son apparence physique et néglige son intelligence, il peut se montrer blessant et provocateur et provoquer des larmes et du chagrin.

Alohotsy

Symbolique: Le gain et la prospérité
Son binaire: Adalo
Interprétation: Alohotsy représente la facilité de gains et de réussite dans les affaires. Si Alohotsy est bien positionnée dans le tirage Sikidy, cela signifie que le consultant a la tête sur les épaules et qu'il ne laisse pas n'importe qui influencer son jugement. Si Alohotsy est mal associé, il se peut que le consultant se retrouve fragilisé ou destabilisé par un évènement venant de l'exterieur et qu'il n'avait pas anticipé.

Alakasazy

Symbolique: Le procès perdu d'avance
Son binaire: Alakarabo
Interprétation: Cette figure fait référence aux destins qui se croisent. Si Alakasazy est bien positionnée dans le tirage Sikidy cela signifie que le consultant subira un contretemps, un rendez vous manqué mais qui s'averera, en définitive, bénéfique. Si Alakasazy est mal associé, ce contretemps sera facheux pour l'avenir du consultant surtout si ce rendez vous manqué concerne ses affaires financières.

Alakarabo

Symbolique: La fertilité
Son binaire: Alakasazy
Interprétation: Alakarabo fait référence à la curiosité naturelle ou malsaine. Si Alakarabo est bien positionnée dans le tirage Sikidy, il est conseillé au consultant de consacrer un peu de son temps à la quète intérieure, à la méditation et à l'introspection. Si Alakarabo est mal associé, il se peut que le consultant fasse preuve d'un trop grand égocentrisme lequel l'empêche de voir le bonheur qu'il a autour de lui, la recherche de nouvelles aventures pourrait bien l'égarer de ses proches.

Alatsimay

Symbolique: La rigueur
Son binaire: Alokola
Interprétation: Cette figure représente une personne ayant un caractère rigide et sévère. Si Alatsimay est bien positionnée dans le tirage Sikidy cela signifie que le consultant réussit à vaincre les obstacles dressés sur sa route, grâce à sa rigueur et sa droiture. Si Alatsimay est mal associé, le consultant risque de subir la méchanceté, la médisance ou la convoitise de la part d'une personne nuisible.

Alokola

Symbolique: Le pouvoir
Son binaire: Alatsimay
Interprétation: Alokola fait référence au gout prononcé pour la domination et le pouvoir. Si Alokola est bien positionnée dans le tirage Sikidy, cela signifie que le consultant saura utiliser son charisme pour guider et commander les personnes de son entourage à des fins positives, on pourra compter sur son pouvoir de décision. Si Alokola est mal associé, c'est tout le contraire, le consultant apparait comme le despote qui abuse de son pouvoir pour satisfaire son unique plaisir.

Alabiavo

Symbolique: L'épreuve
Son binaire: Alaimora
Interprétation: Cette figure représente une personne orgueilleuse avec laquelle il n'est pas facile de négocier. Si Alabiavo est bien positionnée dans le tirage Sikidy cela signifie que le consultant pourrait bien rencontrer des difficultés dans une négociation avec une personne difficile à convaincre, il arrivera à ses fins en mobilisant toute son énergie. Si Alabiavo est mal associé, cela signifie que le consultant pourrait bien être la victime de flatteries de la part de quelqu'un qui cherche à abuser de sa naiveté ou de sa crédulité.

Alaimora

Symbolique: La facilité
Son binaire: Alabiavo
Interprétation: Alaimora représente la facilité au sens large du terme. Si Alaimora est bien positionnée dans le tirage Sikidy, cela signifie que le consultant viendra à bout de ses difficultés sans peine, cette figure est de très bon augure dans tous les domaines. Si Alaimora est mal associé, il indique la présence d'une femme qui, par ses charmes apparents, attendrira le consultant pour obtenir ses faveurs, celui ci se laissera abuser.

Alakaosy

Symbolique: Le déséquilibre
Son binaire: Karija
Interprétation: Cette figure représente la force qui déstabilise. Si Alakasazy est bien positionnée dans le tirage Sikidy cela signifie que le consultant s'eloignera sans trop d'encombres d'une situation déstabilisante, les dégats causés seront mineurs. Si Alakasazy est mal associé, le consultant subira une épreuve douloureuse et destabilisante contre laquelle il n'aura aucune action possible.

Karija

Symbolique: La victoire
Son binaire: Alakaosy
Interprétation: Karija symbolise la victoire contre toutes les épreuves. Si Karija est bien positionnée dans le tirage Sikidy, les valeurs morales du consultants seront reconnues, appréciées et récompensées. Karija annule les mauvais présages des autres figures présentes dans un tirage.

Alahasady

Symbolique: L'aveuglement
Son binaire: Adabaray
Interprétation: Cette figure représente une légèreté d'esprit qui frôle la niaiserie. Si Alahasady est bien positionnée dans le tirage Sikidy le consultant est d'humeur frivole et se sent attiré par de nouvelles aventures sans lendemain, s'il est célibataire cela n'engagera que lui et sa crédulité. Si Alahasady est mal associé, le consultant risque de subir des pertes importantes dues à un comportement déraisonné et aveugle, les aventures sentimentales seront décousues et apporteront les déboires et la calomnie.

Adabaray

Symbolique: La noblesse
Son binaire: Alahasady
Interprétation: Alokola fait référence à une personne raffinée ayant du gout et de l'éducation. Si Adabaray est bien positionnée dans le tirage Sikidy, cela signifie que le consultant saura contourner, avec audace et finesse d'esprit, les pièges tendus par ses adversaires, il pourra jouir des fruits de son labeur. Si Adabaray est mal associé, le consultant devra faire preuve de prudence et d'observation sur les évènements facheux qui lui arrivent, ils ne sont pas si anodins que cela et pourraient bien être à l'origine d'une action occulte.

Les médias





La presse malgache est plutôt bien fournie. La liberté d'expression n'est pas encore totale mais elle va dans le bon sens. Il existe plusieurs quotidiens en langue française, en langue malgache ou bien les deux. Dans la capitale, à Antananarivo, on peut acheter les quotidiens du jour dans de nombreuses boutiques ou bien au milieu des carrefours par des vendeurs ambulants. En province, cela se complique, vous aurez les quotidiens de la veille avec des points de vente très réduits... voir inexistants. Aucun journal ne dépasse une diffusion de 20000 exemplaires. Voici une liste de journaux ayant une adresse web, si vous souhaitez consulter les dernières actualités malgaches :
Madagascar Tribune
L'Express de Madagascar
Midi Madagasikara
Les Nouvelles
La vérité

La télévision malgache est plutôt bien développée. Les chaînes sont privées ou publiques. Aucune chaîne ne couvre la totalité du territoire. Même TVM (la télévision nationale publique) pourtant la plus développée ne peut couvrir certaine région comme Mahambo par exemple. Que voit-on à la télévision ? Des journaux d'information, des clips vidéo, beaucoup de films étrangers, quelques productions locales comme Pazzapa (en France, ça ressemble à la Nouvelle Star)... Un certains nombres de film sont diffusés en anglais (sous titre en français). La publicité est très présente et surtout trop fréquente. A Antananarivo on peut recevoir : TVM (Télévision Malagasy), RTA (Radio Télévision Analamanga), MBS (Malagasy Braodcasting System), MA-TV, OTV (Océanie Télévision), TV Plus, TV Record, VIVA TV, TVF, TV Plus Madagascar... Les chaînes de télévison sont en langue malgache mais on peut trouver certaines émissions en langue française notamment des journaux d'information.Aucune possibilité de capter les télévisions malgaches en France. Le flux n'est malheureusement pas retransmis par internet. Cependant, pour voir des vidéos de Madagascar, voici 3 liens :
TvMada
Mada plus
All Vidéo Gasyhttp://blip.tv/tv-plus-madagascar

Webradio malgache "Dago Radio Sound"

Peu écoutée, la radio peut être captée sur l'ensemble du territoire. En grande onde on aura droit à la radio Nationale Malgache. Les radios privées diffusent en FM comme radio Tana, Radio Fréquence Plus, Radio Lazan'Iarivo... Les webradio sur internet se développent et il est maintenant possible d'écouter de la musique malgache en ligne.Voici une sélection de sites :
Radio VazoGazy
Dago Radio Sound
Gasik'Arts