Peuplement malgache

L'origine austronésienne du peuplement malgache est commune à toute l'île : l'origine provient majoritairement de l'archipel indonésien. Arrivés probablement sur la côte Ouest de Madagascar en canoé à balancier (waka) au début de notre ère - voir 300 ans avant selon les archéologues - ces pionniers navigateurs austronésiens sont connus de la tradition orale malgache sous le nom des Ntaolo (les "hommes d'avant", les "anciens"). Il est également probable que ces anciens se nommaient eux-mêmes les Vahoaka ("peuple/ceux des canoés" ou "peuple de la mer"), terme signifiant simplement aujourd'hui le "peuple" en malgache.
Ces vahoaka ntaolo ("peuple d'origine", les "premiers") austronésiens sont à l'origine de la langue malgache presque commune à toute l'île, ainsi que du fond culturel malgache : coutumes anciennes, agriculture ancienne (la culture du taro-saonjo, de la banane, de la noix de coco et de la canne à sucre), l'architecture traditionnelle (maison végétale à base carrée sur piloti), la musique (les instruments comme la conque marine antsiva, le tambour de cérémonie hazolahy, le xylophone atranatrana, la flûte sodina ou encore la valiha) et la danse (notamment la "danse des oiseaux" que l'on retrouve à la fois au centre et dans le Sud chez les Antandroy notamment). Au tout début du peuplement appelée "période paléomalgache", les Ntaolo se subdivisèrent, selon leurs choix de subsistance en deux grands groupes : les Vazimba ("ceux de la forêt") qui s'installèrent - comme leur nom l'indique - dans les forêts de l'intérieur et les Vezo ("ceux de la côte") qui restèrent sur la côte Ouest. Le qualificatif Vazimba désignait donc à l'origine les Ntaolo chasseurs et/ou cueilleurs qui décidèrent de s'établir "dans la forêt", notamment dans les forêts des hauts plateaux centraux de la grande île et celles de la côte Est et Sud-Est, tandis que les Vezo étaient les Ntaolo pêcheurs qui restèrent sur les côtes de l'Ouest et du Sud.


Une récente étude génétique des populations de Madagascar met en lumière un détail du peuplement de l'île. Il est reconnu depuis longtemps que les premières populations arrivées à Madagascar (il y a 1000 à 1500 ans) ne proviennent pas du continent africain mais bien des îles d'Indonésie. Une équipe scientifique, dirigée par Murray Cox de l'Université de Massey en Nouvelle-Zélande, a examiné l'ADN mitrochondrial fournissant des données explicites sur les lignées maternelles. Les résultats suggèrent que la première colonie de l'île a eu lieu vers 830 de notre ère en impliquant un petit groupe de femmes, au nombre d'environ trente personnes, venant des îles indonésiennes. Des hommes Indonésiens les accompagnés certainement mais cette contribution indonésienne sur le plan génétique (donné par les femmes) mais également la langue et la culture continuent à être les facteurs dominants des peuples malgaches d'aujourd'hui. Par la suite, seulement, est arrivé un autre flux de migration réunissant des femmes et des hommes provenant du continent africain, s'en est suivi un métissage des populations.

La période féodale malgache : naissance des grands royaumes (1600-1895)

Dès la fin du premier millénaire jusqu'à 1600 environ, les Vazimba de l'intérieur autant que les Vezo des côtes accueillirent de nouveaux immigrants moyen-orientaux (Perses Shirazi, Arabes Omanites, Juifs arabisés) et orientaux (Indiens Gujarati, Malais, Javanais, Bugis) voire européens (Portugais) qui s'intégrèrent et s'acculturèrent à la société Vezo et Vazimba, souvent par alliance matrimoniale. On sait qu’entre le VIIIème et le XIème siècle, des commerçants arabes puis swahilis (mêlant tradition africaine et islamiques) ont installé des comptoirs et de petites colonies sur les côtes nord-ouest, nord-est et est de Madagascar. Bien que minoritaires, les apports culturels, politiques et technologiques de ces nouveaux arrivants à l'ancien monde Vazimba et Vezo modifièrent substantiellement leur société et sera à l'origine des grands bouleversements du XVIème siècle qui conduiront à l'époque féodale malgache.
À l'intérieur des terres, les luttes pour l'hégémonie des différents clans Vazimba des hauts plateaux centraux (que les autres clans Vezo des côtes appelaient les Hova) aboutirent à la naissance des ethnies et/ou royaumes Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka, Tsimihety et Bara. Sur les côtes, l'intégration des nouveaux immigrés orientaux, moyen orientaux et africains donnèrent naissance aux ethnies et/ou royaumes Antakarana, Boina, Menabe et Vezo (côte ouest), Mahafaly et Antandroy (sud), Antesaka, Antambahoaka, Antemoro, Antanala, Betsimisaraka (côte est).
La naissance de ces ethnies modifièrent essentiellement la structure politique de l'ancien monde des Ntaolo, mais la grande majorité des anciennes catégories demeurèrent intactes au sein de ces nouveaux royaumes : la langue commune, les coutumes, les traditions, le sacré, l'économie, l'art des anciens demeurèrent préservées dans leur grande majorité, avec des variations de formes selon les régions

La route des Indes et les premières tentatives de colonisations

Abordé en 1500 par des navigateurs portugais, Madagascar devient une escale sur la route des indes orientales, avant d’exciter les convoitises européennes au XVIIème siècle. Étienne de Flacourt écrit en 1658 : «Toutes les Compagnies qui se sont formées jusqu’à présent pour les établissements de colonies en pays nouvellement découverts et parmi les nations barbares, sans religion et sans loi, ont été fondées sur l’espérance du profit et du gain, quoique l’on en ait coloré les desseins du beau prétexte de religion, du zèle de charité envers les pauvres peuples qui y habitent et de la propagation de la Foi». Il pense que si des comptoirs s’ouvrent sur les côtes les tentatives de colonisation échoueront toutes...
 
Diogo Dias appelle Sâo Lorenzo (Saint-Laurent) la grande île qu’il aborde par hasard, le 10 août 1500, alors qu’il fuit une tempête. Chargé par le roi Manoel 1er d’inventorier les ressources de la Grande Île, en 1508, Lopes de Sequeira constate que la côte orientale est dépourvue des épices tant recherchées. Les Portugais utilisent Madagascar comme escale de ravitaillement sur la route des Indes, accostant dans les baies de Saint-Augustin (Sud-Ouest), Manafiafy (Sud-Est), Antongil (Nord-Est) et sur la côte nord-ouest. Ils se désintéresseront de la Grande île au début du XVIIème siècle. Les hollandais profitent du départ des portugais pour tenter d’inclure Madagascar dans le circuit triangulaire Le cap-Maurice-Batavia. Ils fréquentent surtout la côte est et la baie de Saint-Augustin en quête des denrées et des esclaves indispensables à la colonisation de l’île Maurice, qu’ils occupent depuis 1638. L’abandon de cette dernière en 1710 mettra fin à ce trafic commercial. Les Anglais tentent, eux aussi, d’installer des colonies dans la baie de Saint-Augustin, en 1644, et à Nosy Be en 1650. Deux tentatives ruinées en moins d’un an, les colons ayant été massacrés par les autochtones.

En 1642, Jacques Pronis débarque dans la baie de Manafiafy. Voyant les fièvres emporter ses hommes, il décide de transférer la colonie à la pointe Tolagnaro, où le fort Dauphin est érigé en 1643. En 1648 Etienne de Flacourt remplace Pronis à la tête de l’établissement. Arrivé en compagnie de deux lazaristes, il repartira en 1655, après avoir conçu un plan d’occupation de Madagascar mais sans avoir pu mener à bien sa mission commerciale. Fort-Dauphin périclite peu à peu et, en 1674, les derniers colons gagnent l’île Bourbon (la Réunion). De 1674 jusqu’à environ 1720, les seuls Occidentaux à fréquenter la Grande Île sont des pirates et des flibustiers. Voulant faire de Madagascar une base de ravitaillement de leurs colonies Mascareignes (la Réunion, Maurice et Rodrigue) les Français tentent de se rétablir en 1768-1771 à Fort-Dauphin avec Moclave, puis en 1774-1786 dans la baie d’Antongil avec Benyowsky mais sans succès. Si le séjour des Français est un fiasco commercial, il en restera quelques ouvrages fondamentaux dont l’Histoire de la Grande Isle Madagascar, le Dictionnaire et le Catéchisme, tous trois signés de Flacourt. L’auteur consacre de belles pages illustrées à l’histoire et aux coutumes malgaches. Il dresse aussi quelques plans et constitue un herbier, conservé en partie au Muséum national d’histoire naturelle de Paris.


Les royaumes de Madagascar

A partir du XVIème siècle, clans et chefferies forment de multiples royaumes. Trois d’entre eux, servis par leur dynamisme commercial et des rois ambitieux, se distinguent par leur expansion territoriale : dans l’Ouest les Sakalava, dans l’Est les Betsimisaraka et au centre les Merina.
Le premier royaume Sakalava débute à la fin du XVIème siècle, les Maroseraña, dynastie établie depuis deux siècles dans le Sud-Ouest, donnent naissance au royaume du Menabe en étendant leur territoire aux plaines de l’Ouest et en installant leur nouvelle capitale au bord de la Saka, affluent du Mangoky. Andriamisara puis Andriandahifotsy (1610-1685) dotent le Menabe d’une administration territoriale et d’instructions durables tout en menant une politique de conquête. Des querelles de succession amènent le fils cadet d’Andriandahifotsy à émigrer dans le Nord-Ouest pour fonder le royaume du Boina près de Mahajanga. Ce deuxième royaume Sakalava étend bientôt son contrôle à la pointe nord et nord-est de l’île. A la fin du XVIIIème siècle, la dynastie Maroseraña contrôle ainsi plus du tiers de la Grande Île : maître des ports de la côte ouest, elle monopolise le commerce des armes à feu et la traite alimentée par des razzias dans l'intérieur. Divisés par des rivalités familiales, le Menabe et le Boina subiront les premières attaques de leurs voisins Merina au début du XIXème siècle.
Le royaume Betsimisaraka s'est établi dans les vallées compartimentées de l’Est : d’innombrables clans rivaux se disputent, jusqu’au XVIIIème siècle, territoires et richesses. Ils troquent esclaves, zébus et riz contre des fusils et autres produits manufacturés auprès des pirates et négriers européens, nombreux à fréquenter cette côte. A La fin du XVIIème siècle, Ramananao, prince de Vatomandry bien décidé à contrôler les meilleurs ports de la façade orientale, parvient à asservir ses voisins septentrionaux, mais suscite la révolte des zana-malata (mulâtres descendants de pirates). Ratsimilaho, fils du pirate anglais Thomas White et la princesse Rahena, le chasse et se fait proclamer roi des Betsimisaraka (les «nombreux solidaires»). Il prend le nom de Ramaromanompo, «celui qui a plusieurs vassaux». Son royaume s’étend bientôt de Mananjary à la presqu’île de Masoala mais il s’effritera après sa mort (vers 1750).
Vers le XVème siècle les Merina quittent les régions côtières du Sud-Est pour s’installer sur les Hautes Terres centrales. Vers 1530 Andriamanelo fonde la dynastie des Andriana. La légende veut qu’il ait appris à ses sujets à forger le fer pour fabriquer sagaies, haches et coutelas. Ralambo (1575-1610) nomme le royaume «Imerina» («d’où la vue porte loin»), le structure et l’étend au détriment de ses voisins vazimba. Il instaure des impôts et organise la noblesse en différents échelons. Lui succède son deuxième fils, Andrianjaka, qui transporte sa capitale à Analamanga, la future Antananarivo. Andriamasinavalona (1675-1710) partage le royaume entre ses quatre fils. L’Imerina subit alors près d’un siècle de division et de luttes intestines.
En 1787, l’avènement d’Andrianampoinimerina à Ambohimanga marque un tournant dans l’histoire de l’île. Ayant réussi, vers 1795, à s’imposer comme seul souverain de l’Imerina, il transfère sa capitale à Antananarivo et poursuit une politique de développement économique. La maîtrise de l’hydraulique agricole, l’instauration de la corvée et de marchés hebdomadaires favorisent la croissance économique et démographique. Son ambition étant d’«avoir la mer pour seule limite de sa rizière», il soumet ses voisins par la diplomatie ou par la force et nomme les princes locaux gouverneurs vassaux afin d’assurer l’ordre dans les territoires conquis. A sa mort en 1810, Andrianampoinimerina laisse un Etat organisé dont l’administration s’étend sur près de la moitié de l’île.
Le fils et successeur d’Andrianampoinimerina, Radama 1er (1810-1828) perpétue sa politique d’unification, mais se distingue par son ouverture sur l’occident. Il accueille des missionnaires protestants qui construisent des écoles, fixent le malgache par écrit en caractère latins et l’aide à créer les premières manufactures. De jeunes Malgaches sont envoyés étudier outre-mer. A partir de 1817, les britanniques, qui s’efforcent de tenir en échec les ambitions françaises sur la grande île, reconnaissent Radama 1er «Roi de Madagascar» et lui dispensent leur assistance militaire en échange de l’abolition de la traite. Le souverain merina met ainsi sur pied une armée de métier et étend son hégémonie à l’Est, puis au Sud. Il parvient même à contrôler le nord de l’île et élimine des derniers postes français hormis Sainte Marie (Nosy Boraha). Seule une partie de l’Ouest sakalava et du Sud échappe à la tutelle merina.
En 1828 la veuve de Radama 1er, Ranavalona 1ère, monte sur le trône. Pendant les trente-trois années de son règne elle va lutter contre les tentatives d’invasion européennes et le zèle évangélisateur des missionnaires afin de protéger les structures traditionnelles de la société malgache et les coutumes des ancêtres. Elle dénonce les traités signés par Radama 1er avec l’Angleterre, conteste le protectorat français sur Nosy Be et repousse deux tentatives de débarquement franco-anglaises. Si elle persécute les chrétiens, la reine sait retenir les rares européens qu’elle juge utiles au pays, tels les Britanniques William Ellis et James Cameron et les français Napoléon de Lastelle, Jean Lambert et Jean Laborde. En 1857, suite à la découverte d’un complot monté par le prince héritier avec leur appui, les derniers européens quittent la capitale. Dans le même temps, l’emprise de l’administration sur le pays se renforce au profit de l’oligarchie hova (roturière, par opposition aux andriana, nobles) qui occupe la plupart des fonctions civiles et militaires.

Le règne du Premier Ministre

En 1861, la mort de Ranavalona 1ère porte son fils au pouvoir, Radama II qui engage une politique radicalement différente en rappelant commerçants européens, missionnaires protestants et catholiques. Mais des mesures maladroites (abolition des privilèges, de la corvée et des droits de douanes, importante source de revenu de l’Etat) et une brouille grave avec le Premier Ministre Raharo signent sa perte : il est assassiné le 12 mai 1863.
Sa veuve Rabodo, intronisée sous le nom de Rasoherina, laisse bientôt la réalité du pouvoir au Premier Ministre Rainilaiarivony qu’elle a épousé. Ce Hova va conserver les rênes du pays pendant trente ans en épousant successivement Ranavalona II (1868-1883), puis Ranavalona III (1883-1895). Il se consacre à la modernisation de l’Etat et de la société, un droit civil et pénal est élaboré. Des ministères sont crées en 1868, une administration adaptée aux différentes provinces est constituée en 1881. Le royaume de Madagascar est peu à peu reconnu par les puissances occidentales, mais affaibli par la cupidité de ses dirigeants et le mécontentement des officiers. Ces difficultés servent les visées de Françoise de Mahy. Ce député de la Réunion et porte-parole de colons en quête de nouvelles terres présente Madagascar comme un nouvel eldorado aux français.

Conquête française

Née le 22 novembre 1861 à Amparibe (ancien nom de la capitale Antananarivo) la princesse Razafindrahety, plus connu sous le nom de reine Ranavalona III, fut la dernière reine de la dynastie Merina à avoir régné sur Madagascar avant la prise de possession de l'île par l'empire colonial Français. Razafindrahety devient reine de Madagascar en 1883, à la mort de la reine Ranavalona II sa belle-mère. Son mari le prince héritier Ratrimoarivony meurt peu de temps après sa mère dans des circonstances mystérieuses. A la suite du décès de son mari, Razafindrahety fut couronnée à 22 ans reine Ranavalona III de Madagascar. À son intronisation l'île est déjà menacée par une invasion des forces coloniales Française. En 1883, invoquant des droits «historiques» sur le nord et nord–ouest de Madagascar, les français bombardent et occupent Mahajanga (Majunga), puis Toamasina (Tamatave). Le traité de paix de 1885 instaure un protectorat nominale français sur la Grande Île que l’Angleterre reconnaît en 1890, en échange, Paris lui laisse les mains libres à Zanzibar. En 1894, alléguant le non-respect du traité de 1885, la France décide d’envoyer un corps expéditionnaire. Une guerre civile s'installa de 1883 à 1885, les malgaches ne supportant pas l'invasion des colons sur leur île, mais très vite la révolte est maîtrisée par les colons Français. Les colons, prétextant leur venue sur l'île pour l'aider à se moderniser furent surpris de voir le gouvernement de la reine moderniser le pays avec rapidité et efficacité afin de montrer que l'île de Madagascar était un Etat civilisé et indépendant. Pour freiner l'élan de modernisation de l'île, les colons firent bombarder les ports des villes du nord et de l'est de l'île et s'emparèrent de Tamatave. Sans vouloir négocier un quelconque départ et une limitation de l'occupation de l'île, la marine coloniale s'empare de Diego-suarez et proclame l'île de Madagascar un protectorat Français malgré le désaccord de la reine Ranavalona III et du premier ministre. La politique étrangère et les finances sont sous le contrôle de l'état Français. Ce traité imposé et fragile ne garantie nullement la paix et oblige Madagascar à payer une indemnité à la France. Pour l'exécuter le gouvernement malgache contracte un emprunt auprès du Comptoir Nationale d'Escompte de Paris (CNEP), les revenus des douanes de ses six principaux ports (Tamatave, Majunga, Fénérive, Vohémar, Vatomandry et Mananjary) y sont gagés. Des immenses concessions sont cédées aux français : exploitation forestière, extraction de cuivre dans le pays, concession aurifère dans le Boina.
Les revenus insuffisants des taxes ne permettent pas au gouvernement de payer l'emprunt contracté au CNEP, pour y remédier le pouvoir colonial les obligent à multiplier les taxes et augmenter les corvées des habitants de l'île.  Le partage de l'Afrique par les Européens à la conférence de Berlin (1884-1885) sonne le glas de l'expansion et de l'indépendance du Royaume de Madagascar. Le traité de Berlin attribue l'île à la France (sa seule position stratégique face aux Anglais dans l'Océan Indien).
La France signe alors un traité avec le Royaume de Madagascar qui repose sur l'ambiguïté de la langue malgache et qui ne donne théoriquement aucun droit à la République Française sur le Royaume de Madagascar. Mais, au fil des incidents diplomatiques, la France mène une politique de plus en plus agressive, puis entreprend la conquête de l'île. Malgré plusieurs tentatives pour se débarasser de l'emprise colonial sur le pays, le gouvernement de la reine Ranavalona III ne parvient pas à se débarrasser des envahisseurs et l'invasion totale du pays se termine en 1895 sous le commandement du Général Duchesne : l'armée Française neutralise les soldats de la reine et s'empare de la capitale le 30 septembre 1895. Le premier ministre fut destitué de ses fonctions et remplacer par un collaborateur avec l'empire colonial. Le 6 août 1896 Madagascar est proclamée "Colonie Française" à l'Assemblée Nationale. La Reine Ranavalona III gardera un pouvoir illusoire pendant quelques mois, avant de se faire arrêtée par surprise dans la nuit du 28 Février 1897 et destituée par le Général Gallieni. Elle sera envoyée avec toute sa famille en exil à l’Ile de la Réunion, où elle restera deux années, avant d’être assignée en résidence libre en Algérie, où elle y meurt le 23 mai 1917, sans avoir jamais revu son pays. Ainsi prit fin l’histoire séculaire de la dynastie d’Andrianampoinimerina.

Débuts de l'administration française

Le corps expéditionnaire français, débarqué à Mahajanga en janvier 1895 atteint Antananarivo à la fin du mois de septembre, après neuf mois de guerre contre l’armée malgache. La capitale est occupée, mais la reine reste souveraine. Le 22 novembre, les Menalamba («lamba rougis par la poussière») lancent une insurrection en Imerina qui dure dix-huit mois. La Chambre des députés française vote l’annexion de l’île le 6 août 1896. Le 27 septembre l’esclavage est aboli. Le 28 le Général Joseph Gallieni prend ses fonctions de Gouverneur Général. Il fait fusiller le ministre de l’Intérieur et l’oncle de la reine le 14 octobre, abolit la monarchie le 28 février 1897 et la féodalité le 17 avril.
Après avoir pacifié l’Ile, Gallieni met sur pied une administration qui vit pratiquement sur les seules ressources locales. Aux impôts (capitation, impôts sur les bœufs, taxe sur les marchés, impôts indirects) s’ajoute la corvée. Tous les hommes doivent trente jours de travail gratuit sur les chantiers publics. L’île se dote peu à peu d’une infrastructure modeste mais moderne (hôpitaux, écoles, voies et moyen de communication).
Les citoyens français n’ont jamais représenté plus de 10% de la population de la colonie. Cette communauté compte surtout des fonctionnaires, métropolitains pour la plupart, et de petits colons originaires de la Réunion, qui cultivent vanille et café sur la côte est. Hormis une infime minorité jouissant de la citoyenneté française les Malgaches sont assujettis au code de l’indigénat à partir de 1904. Sujets, ils sont privés de tous droits politiques et doivent être munis d’un passeport intérieur. Tout manquement à ces obligations expose "l’indigène" à une amende ou à une peine de prison fixée sans jugement. Cependant la colonisation introduit de nouvelles valeurs via l’instruction et ouvre la société malgache au monde. Les soldats enrôlés dans la guerre de 1914-1918 en rapportent la Déclaration de droits de l’homme et du citoyen.
Trop éloigné de la métropole pour servir de colonie de peuplement, Madagascar est voué à la fourniture de produits miniers et agricoles (mica, graphite, café, vanille, girofle, canne à cause, tabac…) non transformés sur place. L’immensité du pays, le maigre pouvoir d’achat de sa population et sa faible densité n’en font pas un marché intéressant. Quelques industries agro-alimentaires et dérivées (rizeries, huileries, savonneries et une cimenterie) voient le jour, mais les investissements privés sont rares. Deux compagnies d’import-export, la Compagnie Marseillaise de Madagascar et la Compagnie Lyonnaise de Madagascar, s’occupent du commerce de traite. Ce système révèle ses faiblesses après 1945. La généralisation des mesures d’hygiène fait que la population croit bien plus vite (4 millions en 1940 contre 2,5 millions en 1900) que la création de richesse.

De l'indépendance à 1975

La société secrète V.V.S. - Vy Vato Sakelika (fer, pierre, ramification) - fondé en 1913 par de jeunes intellectuels, dont Joseph Ravoahangy, forge les premiers concepts nationalistes modernes. Elle compte plus de 2000 membres, répartis entres les grandes villes de l’Imerina et Tamatave (l’actuelle Toamasina), sur la côte est. Accusés du complot contre la France, ses dirigeants sont condamnés à de lourdes peines de prison en 1915. Dans les années 1920, le mouvement anticolonialiste trouve son avocat en la personne de Jean Ralaimongo. Le 13 mai 1929, Tananarive vit une journée de fièvre nationaliste. Les années 1930 voient la naissance d’un syndicalisme que le Front Populaire reconnaît en même temps que les partis politiques autochtones.
En 1940, les colons restent fidèles au Maréchal Pétain, mais les troupes sud-africaines et britanniques débarquent dans l’île en 1942 et la remettent aux Forces de la France Libre l’année suivante. En 1946, Madagascar devient un Territoire d’outre-mer (TOM). En février 1946 naît le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM). Ce parti qui prône l’indépendance de l’île au sein de l’Union française gagne toutes les élections et envoie à l’Assemblée Constituante Française trois députés : Ravoahangy, Raseta et Rabemananjara.
Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947 éclate une insurrection qui embrase la façade orientale de l’île et s’étend à de nombreuses régions, avant d’être écrasée en décembre 1948. La répression fait des milliers de morts, les chiffres oscillant, selon les sources, entre une dizaine de milliers et 89 000 d'après Jacques Tronchon. Cependant, c'est la presse française qui avança souvent le chiffre de quatre-vingt mille morts. Jean Frémigacci, maître de conférence à Paris 1, et Madame Rabearimanana, professeur à l’Université de Tananarive, montrent qu'il y eut : 140 Français et 2000 Malgaches tués par les insurgés, entre 1000 et 2000 Malgaches tués par les autodéfenses européennes, enfin entre 5000 et 6000 insurgés malgaches tués par l'armée française. Le MDRM est dissous et ses leaders emprisonnés. Territoire d'outre-mer de 1946 à 1958 la vie politique évolue, en 1956, avec la restauration des libertés démocratiques et l’instauration du suffrage universel aux termes de la « loi-cadre » sur les Territoires d’Outre-Mer. Madagascar jouit de l’autonomie interne à partir de 1957. Madagascar obtient un premier niveau d'autonomie le 14 octobre 1958 en tant que République Malagasy au sein de la Communauté française.
Madagascar accède à l'indépendance le 26 juin 1960. Le 14 octobre 1960, Philibert Tsiranana est élu premier Président de la République Autonome Malgache. La première République de Madagascar reste très étroitement liée à la France par les accords de coopération. Le président Tsiranana, critiqué par la population pour son soutien aux intérêts français, fait face à une contestation grandissante (en particulier la grève des étudiants menée de la capitale vers les provinces) et quitte le pouvoir en 1972. Il donne les pleins pouvoirs au général Gabriel Ramanantsoa qui décide d'organiser un référendum afin d'officialiser son pouvoir pour une période transitoire. Le référendum l'ayant plébiscité, il crée un gouvernement d'union nationale, qu'il dirige jusqu'en 1975, avant de passer le flambeau au populaire colonel de gendarmerie Richard Ratsimandrava.


La crise de 1976 et l'expérience socialiste avec Didier Ratsiraka

Le Colonel Richard Ratsimandrava est assassiné une semaine après la prise de son poste, le 11 février 1975. Suite à cela Madagascar a été dirigé par un Comité national de direction militaire présidé par le général Andriamahazo. Le 14 juin 1975 Didier Ratsiraka est nommé chef de l'État et du gouvernement. Le Comité national de direction militaire est alors remplacé par un Comité national de la révolution. Le 21 décembre 1975 les Malgaches ont approuvé par vote référendaire la Charte de la Révolution socialiste et la nouvelle Constitution instituant la Deuxième République avec Didier Ratsiraka comme président. Le 30 décembre 1975, le capitaine de frégate Didier Ratsiraka proclama la République Démocratique de Madagascar. En mars 1976, il créa le parti Avant-Garde de la Révolution malgache (AREMA). Par la suite, il entreprend de s'aligner sur la position du bloc soviétique, tout en étant l'un des militants actifs du non-alignement. En 1976, le gouvernement termine l’expulsion de l'armée française et ferme les ambassades et consulats. Ratsiraka instaure le franc malgache (FMG) et délaisse le Franc CFA. L'État contrôle tous les échanges avec l'extérieur. Vers la fin des années 1980, après plus de 10 ans d'expérience socialiste, il est contraint d'engager le pays sur la voie d'un libéralisme prudent.

L'après-socialisme et la Troisième République

En 1991 l'opposition à Didier Ratsiraka s'amplifie. Des manifestations populaires sont réprimées par l'armée, faisant de nombreuses victimes. Il s'est avéré nécessaire de rapprocher les protagonistes. Le Ministre des Forces Armées a demandé aux parties concernées d'adopter la Convention du 31 octobre 1991. C'est sur la base de cette convention que les autres solutions de sortie de crise se fondaient. En 1992, après une brève période transitoire où le président Ratsiraka n'assurera qu'une fonction symbolique au profit de Zafy Albert qui dirigera la Haute Autorité de l'Etat, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum. Albert Zafy, candidat de l'opposition, est élu à la présidence en 1993 et un régime parlementaire est instauré. L'Assemblée nationale élit Francisque Ravony, au poste de Premier ministre. C'est le début d'un libéralisme économique et d'une politique sans précédent. La démocratie est devenue le leitmotiv du régime de Zafy, soucieux de se distinguer de son prédécesseur. Il instaure aussi un nouveau style de gouvernement voulant selon lui se rapprocher et être au contact du "peuple". Il multiplie les tournées en province et dans les campagnes les plus reculées (le fameux "Mada Raid"), délaissant ainsi la capitale où se joue un jeu politique des plus mouvementés. Il s'ensuit une certaine instabilité politique caractérisée par les multiples motions de censure et changements de gouvernement, situation dont le Président Zafy n'a de toute façon pas le pouvoir de maîtriser. Par ailleurs, l'ajustement structurel de l'économie est au point mort, la croissance tant attendue et promise n'est pas au rendez-vous, les dirigeants malgaches s'étant de plus aventurés et égarés dans des "financements para
llèles". Albert Zafy ne s'entendant plus avec son Premier Ministre soutenu par les députés de la majorité, il fait appel à un référendum constitutionnel afin de donner pouvoir au président de la République de nommer le Premier ministre. Il destitue Ravony et le remplace par Emmanuel Rakotovahiny.
En 1996 cet amendement de la Constitution sonna quelque peu le glas du parlementarisme, ce qui provoqua une guerre ouverte entre le président et les députés, laquelle se soldera d'abord par une nouvelle motion de censure du gouvernement et surtout par le vote en juin 1996 de la motion d'empêchement définitif du président par 93 députés sur 135. Le Premier ministre Norbert Ratsirahonana devient chef de l'Etat par intérim en attendant les nouvelles élections. L'Amiral Didier Ratsiraka, rentré quelques mois plus tôt de son exil en France, est réélu au 2ème tour de l’élection présidentielle (contre Zafy). Madagascar connaît une période de stabilité économique jusqu'en 2001 avec 4,3% de croissance annuelle moyenne.

La crise de 2001 et l'arrivée au pouvoir de Marc Ravalomanana

En 2001 le maire de la capitale, Marc Ravalomanana, arrive en tête de l'élection présidentielle de décembre 2001. Un second tour est prévu mais celui-ci revendique la victoire dès le premier tour sur la base des résultats publiés par son propre quartier général à Ankorondrano (quartier de Tananarive). Ravalomanana dénonce une fraude électorale massive et décide d'acculer ainsi le régime Ratsiraka. Le président Didier Ratsiraka tente de reprendre la main en modifiant les membres de la Haute Cour Constitutionnelle, chargée de proclamer les résultats électoraux à Madagascar. Le candidat Ravalomanana réclame la confrontation des procès-verbaux en sa possession et les procès-verbaux officiels. Le régime refuse une telle méthode jugée "illégale" mais exhorte les opposants à participer au second tour. En 2002, sous la pression de la rue, Marc Ravalomanana s'autoproclame président de la République le 21 février 2002 au stade de Mahamasina et nomme plus tard Jacques Sylla, "Premier ministre". La capitale étant acquise à la cause de l'ancien Maire, Didier Ratsiraka décide de délocaliser le siège du gouvernement à Toamasina, son fief et principal port de l'île situé dans l'est. Le régime érige des barrages routiers pour paralyser et asphyxier la capitale, ce qui finit par paralyser tout le pays. A l'invitation de l'Union Africaine et du président du Sénégal Abdoulaye Wade, les deux parties protagonistes se réunissent à Dakar et signent des accords en avril 2002 qui prévoit notamment un nouveau décompte des voix, l'organisation d'un référendum (à la place d'un second tour) si la majorité absolue n'était pas obtenue et l'instauration d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Ravalomanana. Ces accords ne seront pas respectés par les deux parties qui camperont sur leur position une fois rentrés au pays.
Ravalomanana ne relâche pas la pression et finit par obtenir l'annulation de la nomination de la nouvelle Haute Cour Constitutionnelle en raison d'un vice de forme, la Cour précédente, reconduite dans ses fonctions, se charge de procéder à la publication des résultats des élections. En mai 2002, Marc Ravalomanana est déclaré vainqueur dès le premier tour avec plus de 51 % des voix. Il est investi dans ses fonctions de président de la République une semaine plus tard et confirme
Jacques Sylla au poste de Premier ministre. Il décide de faire appel aux réservistes de l'armée pour lancer des expéditions contre les troupes fidèles à Didier Ratsiraka et pour "libérer" les provinces des barrages. Les deux camps s'affrontent désormais militairement. En juillet 2002, Toamasina, la dernière province où le camp Ratsiraka s'est retranché est tombé entre les mains de Ravalomanana. Didier Ratsiraka prend la fuite avec ses fidèles à bord d'un avion à destination de la France. Les pays occidentaux, les États-Unis en tête, et la France en dernier, reconnaissent la victoire de Ravalomanana. Cependant, l'Union africaine, l'ONU et les bailleurs de fonds ne reconnaissent le régime de Marc Ravalomanana qu'en janvier 2003, suite aux élections législatives remportées par son parti. À la fin de son premier mandat, le président Marc Ravalomanana élabore sa vision "Madagascar Naturellement" et met en œuvre le MAP (Madagascar Action Plan), un nouveau programme de développement pour 5 ans.

En décembre 2006, le président Marc Ravalomanana est réélu pour un second mandat de 5 ans avec comme principal objectif la réalisation du MAP. En avril 2007 Ravalomanana fait modifier par voie référendaire la Constitution dans un sens qui renforce les pouvoirs présidentiels en permettant les ordonnances « en cas d’urgence et de catastrophe ». Cette révision introduit en outre l’anglais comme troisième langue officielle, modifie la structure administrative en remplaçant les six provinces autonomes par 22 régions et supprime le caractère laïc de l’État malgache. L’opposition voit dans cette révision des risques de dérive autocratique tandis que l’Église catholique malgache critiques sévèrement l’organisation du référendum, et pointe « le pouvoir exorbitant » accordé au président. Les autorités épiscopales catholiques craignent que le président Ravalomanana, qui est vice-président de la puissante Église réformée de Madagascar, interfère directement dans les activités religieuses. Au fil des années, les partis d'opposition accusent le régime de paralyser les entreprises locales comme la Savonnerie Tropicale et la société Le Quartz. Le gouvernement ne serait pas neutre vis-à-vis des diverses concurrences entre entreprises, qui devraient ne compter que sur elles-mêmes pour assurer leur gestion. Marc Ravalomanana est également pointé du doigt par l'opposition pour avoir "éliminé" les entrepreneurs malgaches performants, accaparé leurs affaires pour se placer lui-même dans tous les secteurs économiques bénéficiaires. Le problème principal est que des luttes intestines incessantes conjuguées à l'âge de la majorité des élites négligeant leur succession a creusé un vide politique et amené un cruel défaut d'émulation. Le processus électoral est également fortement décrié par les opposants, qui voudraient lui apporter de fortes améliorations afin d'éviter les troubles lors de chaque élection présidentielle.

La crise de 2009 avec Andry Rajoelina

En août 2008, le régime Ravalomanana mène un bras de fer intense avec la commune urbaine d'Antananarivo dirigé par le maire révolté de la capitale Andry Rajoelina. Depuis l'accession de ce dernier à ce poste, se sont succédé la confiscation des recettes de la commune par le trésor, le retrait à la commune de la gestion de la gare routière d'Ampasapito, le retrait de la gestion de l'assainissement de la capitale. On a constaté d'autre part l'absence de travaux sérieux de la part de la mairie et la dégradation flagrante de la ville. En novembre 2008 le président malgache cède une licence d'exploitation de 1,3 million d'hectares de terres - la moitié des terres arables malgaches - pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans à la une multinationale sud-coréenne, Daewoo Logistics, dans le but d'approvisionner la Corée du Sud notamment en maïs. L'information est dévoilée en novembre suite à la publication dans le Financial Times relayé par d'autres médias du monde et sème la panique du peuple dans la capitale ainsi que la colère . La peur de l'envahisseur contribuera à porter au pouvoir Andry Rajoelina qui dénoncera l'accord comme anticonstitutionnel en mars 2009.
En décembre 2008, le ministre de la Communication de Marc Ravalomanana ferme la chaîne de télévision TV Viva du maire de Tananarive ayant diffusé un reportage sur l'ancien président Ratsiraka (acte interdit par les lois sur les médias et n'ayant pas eu l'autorisation du ministère de la télécommunication) : s'en suivent protestations et manifestations.
En janvier 2009 de violentes émeutes secouent la capitale, les partisans du maire de la ville multiplient rassemblements et manifestations. Le 26 janvier 2009 Andry Rajoelina ammène ses partisans dans les rues de la capitale : pillages, incendies, vols et saccages sont commis par ses supporters. Les partisans du mouvement orange s'en prennent à la télévision publique, la radio nationale et ciblent les biens du Président Ravalomanana, plusieurs commerces sont par ailleurs mis à sac et incendiés. Le 31 janvier 2009, Andry Rajoelina s'autoproclame « en charge » de la République de Madagascar.
Le 7 février Andry Rajoelina désigne sur la place du 13 mai son Premier Ministre "Monja Roindefo" et lui "donne" le Palais d'Etat d'Ambohitsorohitra. Ce dernier guide le mouvement orange pour prendre le palais. Les forces de l'ordre ont quadrillé les alentours du palais. Une délégation du mouvement orange, conduite par le Général Dolin, entame des pourparlers avec les responsables du palais. Les gardes leur déclarent qu'ils devront tirer si jamais la foule force l'entrée. Malgré les avertissement un dirigeant du mouvement invite la foule à se ruer sur le palais : la garde présidentielle ouvre le feu tuant 28 manifestants et blessant 212 autres.
Andry Rajoelina, poursuivi par la justice après sa tentative de coup d'État se réfugie à l'ambassade de France le 6 mars 2009. Le 16 mars 2009 dans la soirée les militaires mutins prennent de force le Palais d'Ambohitsorohitra usant de blindé et de lance rocket.
Le 17 mars 2009 les supporters d'Andry Rajoelina avec quelques militaires font un putsch militaire et envahissent le palais présidentiel d'Antananarivo. La France, allié d'Andry Rajoelina, condamne pourtant ce putsch. Marc Ravalomanana, voulant éviter une guerre civile, transfére une partie de son pouvoir à un directoire militaire. Le pays est dirigé pendant quelques heures par le vice-amiral Hippolyte Rarison Ramaroson, doyen du directoire militaire, et finit par transmettre le pouvoir à Andry Rajoelina autoproclamé Président de la Haute Autorité de transition (HAT) en attendant la tenue de nouvelles élections qu'il annonce dans les vingt-quatre mois à venir. Il prête serment le 21 mars 2009 et en retour, le 23 mars 2009, plusieurs milliers de personnes se rassemblent dans le centre de la capitale malgache pour dénoncer la prise de pouvoir illégale d'Andry Rajoelina et réclamer le retour du président Marc Ravalomanana. Cette manifestation est violemment reprimée par l'armée d'Andry Rajoelina : le 27 mars Andry Rajoelina accorde la grâce présidentielle à une partie des prisonniers criminels politiques.

Début avril 2009 les Assises Nationales sous la présidence de la Haute Autorité de Transition (HAT) fixent la tenue d'un référendum constitutionnel en septembre 2009, des élections législatives en mars 2010 et une élection présidentielle en octobre 2010, en l'absence des représentants du TIM (pro-Ravalomanana) tenant des assises séparées tandis que des tentatives de conciliations diplomatiques sont engagées. Auparavant, le premier ministre par interim du régime de transition dirigé par Andry Rajoelina, le général Charles Rabemananjara, transfère son pouvoir à Roindefo Monja. Le 14 avril Marc Ravalomanana, en exil au Swaziland, nomme à son tour un Premier ministre « légal », Manandafy Rakotonirina, et revient sur sa démission présidentielle du 17 mars. Cette nomination est aussitôt dénoncée par le pouvoir en place et le ministre de la justice de la HAT lance un mandat d'arrêt contre le président déchu et son ministre des finances. Le lendemain la HAT nomme 11 nouveaux ministres qui rejoignent le gouvernement le 31 mars et le 29 avril le Premier Ministre désigné de l'ex-président est arrêté.
En mai 2009 le président de l'Union africaine affrète un avion spécial pour le président de la HAT, pour un séjour non officiel de concertation, de 3 jours en Libye. Des représentants de l'UA, de la SADC, de l'OIF et de l'ONU organisent à l'hotel Carlton de la capitale une table de négociation avec les quatre principaux partis politiques malgaches actuels. Marc Ravalomanana s'est exilé en Afrique du Sud et accuse le gouvernement français de se comporter en colonisateur inassouvi. Le vol Air Madagascar du 27 mai 2009 à destination directe de la France est réquisitionné par Andry Rajoelina sans que les passagers ne soient prévenus et fait un détour par Dakar où la HAT se concertera aussi avec le président sénégalais Abdoulaye Wade. En juin 2009 la COMESA reconnait la présence de Ravalomanana comme chef d'état à sa conférence annuelle. Pour la première fois depuis la dernière guerre mondiale les forces armées malgaches installent un périmètre d'alerte dans la défense préventive des frontières du pays suite à des rumeurs d'intervention militaire de la COMESA. En juillet 2009 des rumeurs courent sur un possible coup d'État par des mercenaires étrangers à la solde du parti Ravalomanana et plusieurs attentats à la bombe artisanale sont signalés dans la capitale.

Le 8 août 2009 Rajoelina signe des accords de partage de pouvoir avec les mouvances des anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy appelés "Accords de Maputo" : les différents postes législatifs et exécutifs sont ainsi partagés équitablement entre les différentes factions politiques qui acceptent de laisser Rajoelina à la présidence si les accords sont appliqués. Sont ainsi nommés un Premier ministre de consensus en la personne d'Eugène Mangalaza, deux co-présidents pour une présidence collégiale, Emmanuel Rakotovahiny et Fetison Rakoto Andrianirina, et le président de l'Assemblée nationale, Mamy Rakotoarivelo. Pourtant le 22 décembre 2009 Rajoelina rompt les accords de maputo en limogeant le Premier ministre et en menaçant d'arrestations les autres protagonistes.
Depuis plusieurs annonces d'élections démocratiques se succèdent mais sont toujours reportées par Rajoelina (octobre 2009, en mars 2010 il est question d'élections entre le 15 avril et le 15 décembre 2010, le 12 août 2010 pour un référendum constitutionnel, élections législatives et présidentielles en novembre 2010). Les États-Unis dénoncent le « climat d'intimidation » que Rajoelina fait régner à Madagascar et ses violations des droits de l'homme. Les différentes parties malgaches rivalisent également de provocations, ce qui compliquent la sortie de crise.
Après la COMESA, la SADC, à travers Robert Mugabe, propose une intervention militaire pour expulser Rajoelina du pouvoir. L'opposition composée principalement des partisans de l'ancien président Ravalomanana manifestent régulièrement mais font l'objet de répressions systématiques. Par ailleurs des troubles secouent régulièrement la capitale avec au moins deux tentatives de coup d'Etat militaire pour renverser Rajoelina.
Actuellement la décision de l'ex-président Ravalomanana et de celui de la transition de ne pas se présenter aux prochaines élections présidentielles devrait apporter au pays une certaine stabilité politique. Ces élections sont prévues pour le premier tour en juillet 2013 et le second en octobre. Si ces élections ont lieu elles devraient signifier la fin des sanctions internationales dont Madagascar est frappé depuis 2009.

2014 : un retour démocratique

L’élection présidentielle de 2014 a fait de Hery Rajaonarimampianina le président de la IV ième république et son premier ministre est Roger Kolo.
Dans la soirée du 14 janvier 2015, le général de brigade aérienne Jean Ravelonarivo est nommé premier ministre en remplacement de Roger Kolo.




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