La langue de Madagascar, c'est-à-dire la langue parlée par la population autochtone, est le malgache. Le français est également langue officielle à Madagascar et jouit d'un usage plus ou moins répandu du fait de la période française. À la suite des migrations de populations (exil politique, échanges commerciaux et conquêtes), la langue malgache s'enrichit de vocabulaire provenant d'Indonésie, d'Afrique, d'Inde, d'Australie et enfin, de France. Le malgache (en malgache, malagasy) est la langue nationale de la République de Madagascar. C'est aujourd'hui une langue normalisée, principalement dérivée du dialecte parlé par les Merina (voir les différentes ethnies de l'île au titre suivant). Le malgache fait partie d'un ensemble linguistique comprenant plus d'une vingtaine de « variantes » locales, qualifiées habituellement de « dialectes ».

Sur le plan lexical, plus de 90 % du vocabulaire traditionnel de la langue malgache dont on peut identifier la filiation remonte à des origines austronésiennes. Le reste est d'origine bantou, arabo-swahili ou sanskrite. Et encore, ces derniers mots, totalisant pour chaque groupe quelques dizaines d'éléments à peine, sont en général cantonnés à des domaines d'activités particuliers. Ainsi les mots d'origine bantou se retrouvent surtout dans le domaine de l'élevage (tels que omby, ondry, akoho) et ceux swahilis celui de certains objets commerciaux, du calendrier et de la divination (alahady, adaoro, sikidy, etc.). Les plus anciens emprunts semblent ceux d'origine sanskrite (tsara, soa, sahaza, sandry, sisa, hetsy), remontant vraisemblablement au voisinage avec les navigateurs malais au cours du premier millénaire. Ce sont en effet les peuples malayophones qui, en Asie du Sud-Est ont été les premiers à subir l'influence des cultures indiennes.

L'écriture moderne de la langue malgache en alphabet latin fut fixée par décret le 26 mars 1823, à la suite d'une concertation entre le roi Radama 1er et les missionnaires britanniques qui venaient d'introduire l'imprimerie dans le royaume. Le principe retenu fut alors que les consonnes devaient s'écrire comme en anglais et les voyelles comme dans les langues latines. Auparavant, quelques lettrés du royaume utilisaient déjà l'alphabet arabe (sora-be ou « Noble écriture ») développé dans le sud-est de l'île. Le fait que la langue malgache soit originaire d'Indonésie ne doit néanmoins pas faire hâtivement conclure que son ancêtre était ou s'écrivait comme le vieux-malais avec un alphabet de type indien. Depuis le XIXe siècle siècle, la langue malgache a emprunté un nombre considérable de mots aux langues européennes, en particulier l'anglais et le français.
Pour en savoir plus sur la langue malgache vous pouvez vous rendre sur le site dico.malgache.free.fr qui propose un dictionnaire malgache en ligne.

Alphabet et prononciation

Dans l'aspect actuel de l'orthographe, qui comporte 21 lettres (à savoir les 26 lettres standards de l’alphabet latin moins le c, le q, le w, le u et le x), le o se prononce comme le ou français (encore que dans certaines régions, notamment dans les régions côtières — nord, nord-ouest, ouest... et pas que dans les campagnes —, il peut aussi se prononcer comme en français). En revanche, la diphtongue ao tend à se prononcer comme un simple o. Le i se trouvant à la fin de chaque mot s’écrit toujours y. Le e est prononcé comme un é français. Pour les consonnes, le tr et le dr représentent des alvéolaires affriquées, proches du tram et du dream de l'anglais, avec davantage d'insistance sur le r. Le r est toujours roulé, comme en italien. Le g est dur, comme dans gare. Le s, est toujours sourd (comme le ss en français), et légèrement chuinté. Le ts se prononce comme dans tsigane. L'accent tonique tombe en général sur l'avant-dernière syllabe du mot, à moins que celui-ci ne se termine en -ka, -tra, ou -na, auquel cas l'accent tombe sur l'antépénultième. Les voyelles inaccentuées se trouvant à la fin de chaque mot sont à peine prononcées.

Langues et dialectes à Madagascar

D'un point de vue linguistique, « malgache » désigne un groupe de 10 langues étroitement apparentées et parlées par les peuples :
Bara, Betsimisaraka du Sud, Betsimisaraka du Nord, Masikoro, Plateau, Sakalava, Tandroy-Mahafaly (ethnie Antandroy), Tanosy (ethnie Antanosy), Antankarana, Tsimihety, ainsi que le bushi de Mayotte.
À Madagascar, l'unité administrative a instauré le « malgache officiel ». Les locuteurs eux-mêmes ont cependant des origines diverses et, comme la formation de chaque groupe ethno-linguistique peut remonter à plusieurs siècles (et même sans doute, plus d'un millénaire pour certains!), avec ensuite un isolement relatif dans un vaste espace, il est parfaitement normal que bien des différences soient apparues. De manière très schématique, il semblerait ainsi que l'on pourrait répartir les manifestations linguistiques de Madagascar en deux grands ensembles, en partant des différences phonétiques. Le premier regroupe les « langues » ou « dialectes » du littoral occidental et méridional, et le second ceux du centre et de la bande orientale. Entre les deux cependant, bien des signes indiquent des interpénétrations, révélant des contacts ou des déplacements ultérieurs de populations, ce que confirment parfois les traditions historiques.

Des mots venus d'ailleurs

La langue malgache s'enrichit beaucoup avec des emprunts, bien qu'on ne sache ni les raisons qui le motivent ni celles de la grande diffusion de certains mots à l'intérieur de l'Ile.
En tout cas, il est certain que tous les peuples navigateurs ayant eu des contacts avec Madagascar, ont laissé dans sa langue- ou dans ses dialectes- des traces de leur passage. Même si on ne sait en quelle région l'emprunt s'est fait- "C'est le cas des noms d'animaux domestiques d'origine bantoue"- ni par quelles voies il s'est répandu.
Parfois, cependant, on peut situer et dater l'emprunt. C'est le cas d'un certain nombre de mots d'origine anglaise ou française qui, introduits dans le vocabulaire merina au 19e siècle, sont ensuite diffusés à partir d'Antananarivo dans les différentes régions del'Ile. Il s'agit là d'emprunts de grande diffusion.
Certains sont restés localisés à certaines régions. Ainsi selon J.Dez, le mot "motro", usité dans le dialecte sakalava du Nord-ouest pour désigner le feu (afo en merina), décèle un emprunt au swahili "mutu". Mais "les emprunts à cette langue se retrouvent plus fréquemment en pays antakarana, sakalava du Nord-ouest et en divers points de la côte Ouest".
De la même origine, le terme "mahigo", employé chez les Sakalava pour désigner le manioc (mangahazo en merina). S'il est parfois difficile de situer dans le temps les emprunts au swahili, "on peut néanmoins affirmer que, pour ce dernier mot, l'emprunt remonte à environ 400 ans (16e siècle puisque le manioc a été introduit par les Portugais, en provenance du Brésil, sur la côte orientale de l'Afrique").
Sur la côte Est, on remarque dans le langage courant des mots d'origine française, "quoique les habitants les considèrent bien de chez eux. Ces mots sont si bien entrés dans l'usage que les mots merina correspondants sont mal ou pas du tout compris". Ainsi, en pays betsimisaraka du Sud, le haricot est désigné par "zarikô", le merina "tsaramaso" n'étant pas compris dans les coins les plus reculés. La cuillère se dit "koera" et non "sotro". L'emploi de ce dernier mot risque d'ailleurs de prêter à confusion, car en betsimisaraka, il désigne l'action de couper l'herbe avec un couteau. "Il s'agit de mots dus à la colonisation réunionnaise sur la côte-Est et aux nombreuses relations entre cette région et les Mascareignes, depuis le 18e siècle et surtout le 19e siècle".
Le langage antanosy, tel qu'il est rapporté par Flacourt, se caractérise au 17e siècle par l'emploi d'un certain nombre de mots d'origine arabe, qui sont depuis presque tous tombés en désuétude. Ainsi le mot "moza" (en arabe "maoûdj") désigne la vague, le mot "farasa" (faras), le cheval. Le papier se dit encore "karatasy" par une exacte reproduction du mot arabe correspondant alors que, depuis, la forme "taratasy", dérivée par assimilation, s'est substituée à elle.
Le terme "ampingaharatra" (fusil) est utilisé dans les dialectes de la côte Ouest et du Sud. "L'origine de ce mot se trouve dans le portugais espingarda" 'espingole). Une malgachisation s'est opérée à la suite des premières livraions de fusils par les Portugais", le mot accompagnant l'arme dans sa diffusion progressive dans l'Ile. De la côte Ouest, il gagne les Plateaux, à travers les migrations des Sakalava aux 17e et 18e siècles.
Par contre, dans la région nord-occidentale de l'Ile, on rencontre le mot "basy", ou plutôt- "comme la forme en est attestée par de vieux documents"- le mot "bosy". Ce terme est à rattacher au hollandais "buks", selon J. Diez. Ce dernier essaie de l'expliquer en signalant qu'au 17e siècle, il doit exister en malgache un terme "basy" désignant des objets en fer ou le fer travaillé sous forme d'objet.
Dans le Nord-est de l'Ile est apparu le mot "bosy" désignant le fusil. "Mais comme cette arme était essentiellement faite en fer, qu'elle a pu même être considérée comme l'objet en fer par excellence en raison de son efficacité particulière, le mot "basy" pouvait être utilisé pour désigner cette arme".
J. Dez termine son étude en spécifiant que bien des mots posent encore des énigmes. "Il y a dans chaque dialecte des mots qui semblent lui appartenir en propre et dont les origines ne sont pas apparents". Et de se demander pourquoi le feu (afo) se traduit "bolo" en vezo, pourquoi les Betsimisaraka, notamment ceux du Sud, appellent "tokary" le tas de paddy fait dans la rizière avant son transport dans la maison... D'un dialecte à l'autre
D'après une étude comparée entre certains dialectes et le merina, J. Dez constate que dans ces langages, de nombreux mots sont identiques, avec le même sens, mais dont, pour certains, l'usage diffère en importance.
Ainsi, par exemple, en merina et en betsimisaraka (du Sud), "hena" et "vinany" désignent respectivement viande et embouchure de rivière.
Par contre, le mot "valaka" (fatigué- qui existe dans les deux vocabulaires- est plu usité dans l'Est qu'en Imerina où on emploie de préférence "sasatra", mot inconnu en betsimisaraka.
Inversement, alor sque dans le Betsimisaraka, on recourt volontiers à "membo", inconnu dans les régions centrales.
Il y a aussi des mots dont la signification diffère. Ainsi du "randra" qui en betsimisaraka du Sud signifie à la fois tresse et cheveu, alors que le merina distingue "randrana" (tresse) du "volo" (cheveu). Les Betsimisaraka connaissent le mot "volo", mais ne l'utilisent qu'avec le sens de poil ou de couleur.
Par contre, en merina, le mot "ady" se traduit par combat et dispute. En betsimisaraka, combat veut dire "ady" et dispute, "ankary", ce dernier étant ignoré du merina.
En sakalava, "mijery" a le sens de penser, réfléchir, considérer intellectuellement, tandis qu'en merina, il signifie regarder, considérer avec les yeux...etc. Et la liste n'est pas exhaustive.

Ponctuations

 
' faingo mihantona apostrophe apostrophe
, faingo comma virgule
; teboka aman-paingo semicolon point-virgule
. teboka, teboka famaranana, girigirika period, full stop point
: teboka roa colon deux points
... teboka telo suspension point points de suspension
? baraingo question mark point d'interrogation
! tsoraka exclamation point point d'exclamation
- tsipika dash tiret
- tsipi-panohizana hyphen trait d'union
( ) fononteny parenthesis parenthèse
[ ] fononteny mahitsy square bracket crochet droit
< > fononteny maranitra angled bracket crochet aigu
{ } farango lava curly brace accolade
" « » farango sosona quotation marks guillemets
á é í ó tendro miraika havanana acute accent accent aigu
à è ì ò tendro miraika havia grave accent accent grave
â ê î ô tendro satroka circumflex accent accent circonflexe
ä ë ï ö tendro kambana dieresis tréma

Nombres



0 aotra zero zéro
1 isa one un
2 roa two deux
3 telo three trois
4 efatra four quatre
5 dimy five cinq
6 enina six six
7 fito seven sept
8 valo eight huit
9 sivy nine neuf
10 folo ten dix
11 iraika ambin' ny folo eleven onze
12 roa ambin' ny folo twelve douze
13 telo ambin' ny folo thirteen treize
14 efatra ambin' ny folo fourteen quatorze
15 dimy ambin' ny folo fifteen quinze
16 enina ambin' ny folo sixteen seize
17 fito ambin' ny folo seventeen dix-sept
18 valo ambin' ny folo eighteen dix-huit
19 sivy ambin' ny folo nineteen dix-neuf
20 roapolo twenty vingt
21 iraika amby folo twenty-one vingt-et-un
22 roa amby roapolo twenty-two vingt-deux
23 telo amby roapolo twenty-three vingt-trois
30 telopolo thirty trente
40 efapolo forty quarante
50 dimampolo fifty cinquante
60 enimpolo sixty soixante
70 fitopolo seventy soixante-dix
80 valopolo eighty quatre-vingt
90 sivifolo ninety quatre-vingt-dix
100 zato one hundred cent
200 roanjato two hundred deux cents
300 telonjato three hundred trois cents
400 efajato four hundred quatre cents
500 dimanjato five hundred cinq cents
600 eninjato six hundred six cents
700 fitonjato seven hundred sept cents
800 valonjato eight hundred huit cents
900 sivinjato nine hundred neuf cents
1.000 arivo one thousand mille
2.000 roa arivo two thousand deux mille
3.000 telo arivo three thousand trois mille
4.000 efatra arivo four thousand quatre mille
5.000 dimy arivo five thousand cinq mille
6.000 enina arivo six thousand six mille
7.000 fito arivo seven thousand sept mille
8.000 valo arivo eight thousand huit mille
9.000 sivy arivo nine thousand neuf mille
10.000 alina ten thousand dix mille
20.000 roa alina twenty thousand vingt mille
100.000 hetsy one hundred thousand cent mille
200.000 roa hetsy two hundred thousand deux cent mille
1.000.000 tapitrisa one million un million
2.000.000 roa tapitrisa two million deux millions
10.000.000 folo tapitrisa ten million dix millions
20.000.000 roapolo tapitrisa twenty million vingt millions
100.000.000 zato tapitrisa one hundred million cent millions
200.000.000 roanjato tapitrisa two hundred million deux cent millions
1.000.000.000 arivo tapitrisa one billion un milliard
2.000.000.000 roa arivo tapitrisa two billion deux milliards