Moeurs

La première définition de la famille malgache est un cercle très large, par rapport à la notion de famille européenne moderne. Si la lignée génétique est définie jusqu'aux arrière-arrière-grands-parents, la famille débute à ce point connu. Et le mariage devient difficile entre neveux, nièces, etc. D'où la notion importante « Être de la même Razana » (ancêtre, lieu d'enterrement, etc.). La deuxième définition est la famille par consentement mutuel, suite à des liens d'entraide très sérieux renforcés par la confiance réciproque éprouvée. Comme le lien sanguin est inexistant, le mariage est possible. La troisième définition est le lien historique vécu. Par exemple, une haie de plantes a servi (autrefois) de cache contre l'ennemi, un animal incarne les ancêtres ou le contraire, alors ces espèces d'êtres vivants sont adorés (masina) ou ne peuvent être utilisés ni tués ni mangés : Fady (Interdit ou tabou).
Le mariage dans le grand cercle familial est considéré comme un inceste, c'est un tabou. Il est toujours défini par la procréation du couple, que les procréateurs vivent ensemble ou chacun de leur côté, le plus souvent près des parents. L'âge de la procréation est aujourd'hui, en 2008, évalué encore à 15 ans chez les filles comme chez les garçons, en moyenne. Les relations se créent avec les proches de la famille ou de connaissance d'enfance. Une fille ayant déjà accouché, même mineure, sera considérée comme adulte responsable. La formule de courtoisie « la maman de ... » lui est attribuée. Elle est considérée alors libre sexuellement aux yeux de la société. La jeune fille n'a pas d'âge minimum pour avoir des relations sexuelles, d'où l'expression Mbola tsy mahasaky lehilahy (n'est pas d'âge à dominer sexuellement un homme, n'est pas prête à oser passer à l'acte). Madagascar a signé de multiples conventions de protection de l'enfance. Depuis 2005, aucune fille ne peut sortir du territoire malgache avec un étranger, même s'ils sont mariés, si la fille n'a pas 21 ans révolus. Depuis 2007, aucune fille ne peut se marier avant l'âge de 18 ans. Le viol est réprimé socialement, et les responsables d'un viol sont considérés comme étant atteints d'une maladie psychiatrique. L'inceste est considéré comme une malédiction. La mise à l'écart de la vie sociale est automatique. La première relation sexuelle est un critère de jugement familial et social. Pour toute jeune fille non indépendante et mineure, une première relation sexuelle est une honte qui peut la pousser vers la prostitution occasionnelle. L'homosexualité n'est pas encore admise dans la société et il s'agit bien du sujet le plus tabou dans ce pays. Bien que déjà, beaucoup de personnes peuvent se déclarer tolérant, peu de malgache acceptent cette façade pourtant bien existante du pays. Parmi les 18 tribus traditionnelles à Madagascar, la diversité ethnique n'y est pas de type racial mais plutôt d'ordre géographique. L'amalgame des peuples d'Orient, d'Afrique et d'Arabie se retrouve en chaque groupe, du nord au sud. Tous ces peuples ont en commun le même culte des ancêtres (voir paragraphe sur le sujet ci-dessous).

Culture

A Madagascar, le sport national est le "savika", sorte de tauromachie sans mise à mort du zébu. Le principe est de s'agripper avec ses mains sur la bosse du haut du dos du zébu et d'utiliser ses jambes comme des ressorts pour éviter de se faire piétiner par les pattes de l'animal. Ce sport est somme toute dangereux. Ceux qui pratiquent ce sport sont appelés les "zébus boys".

Les contes malgaches (angano en malgache) font parti du patrimoine culturel de Madagascar. Réciter un conte étaient pour les parents un des moyens d'éduquer et de transmettre des leçons à leurs enfants. Ainsi toute la famille se réunissait habituellement après le repas du soir. Voici un petit conte concernant les lémuriens :
Cela se passait dans un ménage où le mari était très malheureux : sa femme le battait tout le temps pour un oui ou pour un non. Il était tellement malheureux qu'il n'avait plus le goût de vivre et sa femme ne l'autorisait même pas à boire du rhum. Toute la journée il devait travailler, enfermé dans sa case. Un jour, il s'adressa au Dieu de la forêt en lui disant : " Dieu de la Forêt, vois comme je suis malheureux, et depuis tellement longtemps. Tu es mon seul voisin, il faut que tu fasses quelque chose pour m'aider…". Le Dieu de la Forêt fut ému par cet homme si gentil et désespéré. Il eut une idée : il le transforma en un merveilleux petit animal léger et agile : un lémurien. Ainsi l'homme pu se sauver au cœur de la forêt et échapper à sa mauvaise femme. Et c'est comme ça que les lémuriens sont apparus à Madagascar. On raconte même, mais c'est vrai, que les lémuriens sont un peu misogynes : chaque fois qu'ils passent à côté d'une femme, ils lui pincent les fesses !

Angano angano, arira arira , Tsy izaho no mpandainga fa ny tany aloha
(Conte ! conte ! qui ment ? Ce n'est pas moi qui ment ! Ce sont les gens d'autrefois ! )

Artisanat malgache

     

L'artisanat et l'art sont représenté à Madagascar par :
- La broderie : Madagascar est célèbre pour ses nappes brodées.
- La marqueterie : coffrets ou tableaux en bois marquetés.
- La reliure.
- La sculpture sur bois : voilà un domaine où les malgaches excellent. Les essences des arbres se prêtent bien à la sculpture : bois de rose, bois d'ébène, palissandre... On trouve de tout : masque, chaise, meuble, reproduction d'animaux, d'objets de décoration, tableaux, statuette ...
- La rabanne : construction d'objet en raphia.
- La tabletterie : le travail de la corne et de la nacre appliqué aux bijoux, couverts, cornets à dés, pions de jeux, plumiers, étuis à lunettes… Les cornes immenses du zébu - animal emblématique de Madagascar- offrent une matière très fine d’une grande variété de couleurs allant du noir à l’ambre clair. Sa mise en œuvre par les tabletiers rappelle celle d‘une autre matière, issue d'une espèce protégée par la convention de Washington, l’écaille de tortue, encore utilisées mais qu'elle doit remplacer totalement. La nacre se trouve en abon
dance sur les côtes dans diverses espèces de coquillages parfois de grande dimensions.
- La lapidairerie : le travail des pierres dures. Du saphir au marbre, en passant par les arbres fossilisés l’île regorge de merveilles géologiques. Les pierres semi-précieuses ( topaze, améthyste, aigue marine, grenat et tourmaline) et les «pierres fines » ou les tranches d’arbre fossile, les ammonites, peuvent être intégrées à la joaillerie et à certains objets.
- L'instrument traditionnel malgache est la valiha. Son corps est en bambou donc long et rond, et 16 à 24 cordes sont tendues autour de ce bambou. Le valiha reste un objet sûr à ramener dans ses valises en guise de souvenir car c'est l'instrument emblématique de Madagascar.
- La liste de l'artisanat d'art malgache ne peut être pas close sans citer la bijouterie (notamment le travail de l'or en filigrane dans le nord et l'ouest), la fonte d’aluminium qui après moulage et brossage se prête aux usages du bronze en décoration (ville d'Ambatolampy), l'épais papier Antaimoro (fabriqué à partir de l'écorce d'"Avoha", bouillie, pilée et lissée sur un tissu étiré dans un cadre, il sera ensuite décoré à la main avec des pétales de fleur et des feuilles puis séché au soleil) qui inclut dans la pulpe naturelle fleurs et tiges disposées avec art, les tapis en mohair du grand sud, les maquettes de bateaux sans oublier l'artisanat de récupération où des boîtes (de conserves, de lait concentré, canettes...) et autre objets en métal sont récupérés et transformés en avions miniatures, petites voitures, mini-vélos ou motos, ou encore en taxi-brousse qui sert de porte-clés.

La musique malgache

La musique est une des composantes essentielles de la culture et de l'expression populaire malgaches. Elle est omniprésente, que ce soit à l'occasion de fêtes familiales ou communautaires (mariages, bals populaires) ou bien lors des cérémonies religieuses et traditionnelles (messes, exhumation, "tromba", circoncision).La musique prolonge la vie sociale et culturelle de la communauté. Ainsi dans le sud-ouest de l'île, les villageois se regroupent et improvisent sur des instruments locaux tel le Marovany (xylophone malgache), l'Antranatrana ou le Koritsina. Ce dernier donne le temps et symbolise la vie et le temps qui passe. Sur cette base, les chants seront alors improvisés. Sur les Hautes Terres, les "Hira Gasy" sont des chansons traditionnelles, basées sur la morale, reprenant des proverbes, accompagnées d'instruments à vent et d'une sorte de tambour, l'Aponga qui donne la cadence. Les troupes professionnelles d'Hira Gasy se produisent chaque dimanche après midi au "Tranom-pokonolona" ou maison populaire, dans le quartier d'Isotry à Antananarivo.
Les fêtes locales, ainsi que la fête nationale, sont prétexte à l'amusement, à la danse, aux manifestations de joie et d'oubli des difficultés de la vie quotidienne. La fête s'accompagne d'un inévitable bal souvent animé en brousse par l'orchestre du cru dont le répertoire évolue souvent entre tradition et modernisme. La coutume veut que l'orchestre et les participants au bal suivent une ouverture protocolaire. Après l'hymne national, c'est à la plus haute personnalité d'ouvrir le bal par l’Afindrafindrao", musique d'introduction où tous les participants forment une chaîne symbolique et tournent par couple autour de la piste. Ce n'est qu'ensuite que toute sorte de musique peut être jouée. En pleine brousse, nous pouvons être surpris de découvrir des instruments de musique, copies de guitares électriques, taillées dans des bois locaux et utilisant pour toute corde, du fil de pêche en nylon ! Les mécanismes sont, eux, fabriqués avec des bouts de ferraille de récupération. Le tout produisant des sons justes. En pays Sakalava, les séances de "Tromba"où l'on invoque les ancêtres défunts se pratiquent en accord avec des chants d'appel accompagnés d'une mélodie à l'accordéon et de rythmes saccadés par les battements des mains des assistants.
En cliquant sur ce lien vous pourrez découvrir un site sur la musique traditionnelle de Madagascar.

Le Kabosa

Historiquement, le kabosa est déjà connu avant l'ère chrétienne. A l'origine, il a fait son apparition en Assyrie ou Égypte. Par la suite, il se retentit en Asie, grâce aux apports civilisateurs des migrants islamiques. Son nom QÜBÜZ ou étymologiquement luth court est d'origine turque. A Madagascar, il provient de la région du Nord-Ouest et porte le nom de kabosa. Cet instrument est utilisé dans plusieurs circonstances : les réjouissances familiales, les sérénades des jeunes et le passe-temps des travailleurs. Du point de vue culturel, il est devenu courant lors des activités sportives dans la région du Sud-Ouest de l'île, voire cérémonie rituelle. Classé parmi les instruments folkloriques, le kabosa conserve son authenticité grâce à son timbre. Du point de vue technique, ce genre d'instrument musical à cordes avec médiator ressemble un peu à la lokanga bara dans sa fabrication. Il se compose d'un bois d'un seul tenant, creusé en son milieu pour obtenir la caisse de résonance, ayant
la forme d'un fond plat ou d'une demie-sphère, percée pour qu'il y ait une ouverture permettant le passage des vibrations sonores et leur amplification. Soutenu par un chevalet, les cordes varient en nombre (2 à 6 cordes). Cet instrument comprend aussi un chevillier et un cordier à l'extrémité inférieure. De courte taille, il mesure en moyenne 66 cm. Le son léger s'obtient en pinçant les cordes supérieures avec un médiator en corne de zébu, tandis que pour le son aigu on gratte la partie de la corde vibrante. En jouant sur les 2/3 de la corde, il donne un son plus aigu encore. La hauteur des sons dépend de la grosseur et de la tension de la corde. Cet instrument est parfois accompagné de chant. Malgré l'absence des écoles de musique traditionnelle et l'ignorance du solfège, les joueurs de kabosa se fient tout simplement à leur don naturel et à leur inspiration pour réaliser ou composer des chansons. Peu importe, il restera toujours dans la série instrumentale de notre patrimoine.
Instrument autrefois un peu délaissé, il devient actuellement de plus en plus familier, apprécié par un grand nombre d'auditeurs et adoré par la nouvelle génération. Devenu courant dans le music-hall, il retentit partout dans le monde. Bien qu'il soit un objet de collection resté longtemps inusité au musée, il est joué même dans la rue et réintégré dans les centres musicaux grâce à la découverte des talentueux au cours d'une tournée.

La Valiha

La valiha a déjà existé avant Jésus-Christ. Son origine est le Sud-Est Asiatique (Malaisie, Philippines et Viet-Nâm). Son nom vient du mot "vadya" qui signifie instrument de musique sacré. La valiha toritenany est le premier qui a existé à Madagascar. Fabriquée avec une tige de bambou aux noeuds très distants, sa longueur est d'environ 1,20 m, et le diamètre est de 10 cm. Tout autour de ce tube cylindrique sont régulièrement réparties les fibres dont le nombre varie selon le fabricant. Celui-ci entoure les deux extrémités de ces cordes d'une sorte de liane serrée fortement et dépose sous chacune d'elles un ou deux chevalets mobiles en bois de citrouille avec lesquels il accordera l'instrument. Mais le son de la valiha est faible. Pour renforcer sa résonance et produire un timbre grêle, le fabricant change les cordes de la valiha en métal appelé valiha jihy-vy. Actuellement, il existe des valiha fabriquées avec du zinc. Techniquement, la valiha a aussi évolué et on peut maintenant trouver de la valiha chromatique. Pour tenir la valiha, on la tient, soit entre les cuisses, soit sous l'aisselle. Les plus doués ne pincent plus les cordes mais les frôlent à peine.
La valiha peut accompagner tous les instruments. Elle est jouée en solo ou en groupe dans le genre musical folk, traditionnel populaire, genre populaire contemporain et musique contemporaine. À l'époque royale, la valiha était vouée à l'usage des nobles seulement. Mais cela n'a pas empêché les esclaves d'épanouir leur talent. En effet, ces derniers se familiarisaient avec cet instrument à l'insu de leurs maîtres, par crainte d'être punis et faisaient toujours semblant de ne pas savoir en jouer alors que parfois même, leur compétence de jeu était supérieure.
La valiha est aussi jouée lors d'un événement familial, telle l'exhumation, en concert, dans les fêtes religieuses ou cultuelles. Elle se joue avec les deux mains et est pincée des doigts. Une valiha possède une seule tonalité de première ou de deuxième voix.
Actuellement, les artisans-fabricants de valiha donnent chacun un nom à leur instrument selon la forme qu'ils lui ont donnée. Par exemple, la valiha qui a la forme d'une valise est appelée la valiha vata ; celle qui a la forme d'une pirogue, la valiha lakana. La section du bambou a été même parfois agrandie pour avoir une grosse valiha ou une valiha géante.

La gastronomie malgache

Sur le plan de la cuisine, c'est une base asiatique avec des influences indiennes, arabes et africaines. Les bases de la nourriture sont le riz, les bananes, la noix de coco, les fruits de mer, les poissons, le zébu et la tomate. Par exemple il y a le misao, un plat chinois (my-sao ou mine-sao), recette à base de nouilles, champignons émincés, gambas entières, viande émincée, carottes émincées, haricots émincés et sauce de soja. Sinon, il existe d'autres plats typiques, tels les sambossas (des beignets indiens à forme triangulaire), crevettes chinoises, les rogay, beignets de bananes, poulet au curry et coco, les ravitoto, feuille de manioc pilé, le sakaï(un piment très fort), etc.
Il existe de nombreux restaurants, de la cuisine la plus simple (européenne, malgache, chinoise, indienne) à la plus élaborée. Les produits offerts sont de qualité ; on peut citer les filets de zébu, les crabes de magrove, les langouses et les énormes crevettes de Majunga et les camarons d'eau douce sans oublier les savoureuses petites
huitres de palétuvier. La cuisine malgache est simple mais savoureuse : les trois repas quotidiens se composent d’une assiette de riz accompagné d’herbes aromatiques et feuilles cuites à l’eau ou de viande et de légumes bouillis. Les deux grands « classiques » étant le romazava, bœuf au gingembre mijoté avec des brèdes mafana (plantes potagères) et des tomates, et le ravitoto, ragoût de porc aux feuilles de manioc pilées. Sur les côtes, la préférence va souvent aux poissons et aux crustacés. Epices et noix de coco entrent dans la plupart des préparations, achards (lasàry) ou pâte de piment (sakay) étant servis à part. Les malgaches aiment cuisiner et le riz est la base de cuisine malgache. Les deux plat nationaux sont le ravitoto (melange de filet de viande de boeuf, d'une purée de feuille de manioc et de lait de coco) et le Romazava.

Les boissons à Madagascar

A Madagascar, en plus de toutes les boissons d'importation, on consomme les boissons de production locale tel que le rhum, le vin de palme (trembo), de l'eau, de "l’eau de riz", du vin rouge, du café, du thé, des jus de fruit... et de la bière !

La bière

La Three Horses Beer plus connue sous son petit nom de THB, c’est la bière malgache depuis les années 60, reconnaissable à son étiquette jaune ornée de trois têtes de chevaux. En 1956, un brasseur développe 17 recettes de bière et fait le tour des 22 provinces de la grande île pour découvrir celle qui plaira le plus aux Malgaches. Un an plus tard, la THB, une bière blonde et légère, est née. Brassée à Madagascar, elle est connue et reconnue dans l'île et au-delà pour sa saveur unique. Elle est devenue depuis un symbole national avec comme slogan en malgache : « Soa Ny Fiarahantsika » (« le plaisir d’être ensemble »). Elle est présente aussi à Singapour, au Vietnam, en Indonésie. Elle est vendue en petite bouteille (PM) de 33 cl et en grande bouteille (GM) de 65 cl. Comptez en général entre 1 500 Ar et 4 000 Ar le grand modèle selon l’endroit où vous vous trouvez. Il existe aussi deux autres bières, Gold et Queen, un peu plus chère et selon certains moins grasse et plus goûteuse, mais c'est une affaire de goût.
La marque possède une cote d’amour très forte au sein de la population. Lorsque vous commandez une bière dans n’importe quel restaurant, café ou gargote, on vous sert une THB ! On peut vraiment dire que c’est l’un des fleurons de la culture malgache, qui rayonne dans tout l’Océan indien. Les raisons principales de cet engouement, selon ses promoteurs, tiennent dans ses secrets de fabrication : l’eau très pure et faiblement minéralisée de la région d’Antsirabe, à 1 500 m d’altitude. L’orge, cultivé en partie dans les régions d’altitude de Betafo, Antsirabe et Fianarantsoa, et le maïs, cultivé dans la région ensoleillée de Tuléar, qui apporte « moelleux et légèreté » à la boisson.
La THB est produite par les Brasseries Star Madagascar, qui détiennent la seule brasserie nationale (une des plus grandes d’Afrique) à Antsirabe, au centre du pays, et en possèdent une autre dans le nord. Les Malgaches ne sont pas de gros consommateurs de bière, la consommation moyenne est de 4 litres par an et par individu. Une quantité quelque peu dérisoire, donc, en comparaison avec les 40 litres de l’île Maurice ou des 95 litres de nos amis Belges. Le marché malgache de la bière est évalué à 800 000 hectolitres par an et les brasseries Star Madagascar en produisent 700 000 (dont 550 000 dans la brasserie d’Antsirabe)... Cette brasserie possède le monopole de la bière à Madagascar et les autres marques sont marginales : la THB est quasiment la seule sur le créneau des bouteilles de 75 cl et il y a un peu plus de concurrence sur le marché des bouteilles 33 cl. On peut donc trouver des bières d'importation pour les inconditionnels, mais il faudra être prêt à y mettre le prix !
Les brasseries STAR propose aussi un panaché de marque THB appelé "Fresh" très léger, moins de 2°.

Le «Bonbon anglais»

Les Brasseries Star, qui emploient 1 500 personnes, sont aussi les embouteilleurs de Coca Cola et produisent une limonade délicieusement régressive : limonade peu sucrée au goût de Malabar, le "Bonbon anglais" qui porte bien son nom !

L'eau

La boisson traditionnelle est l’eau. Attention ! Elle n’est pas partout potable, et même dans les endroits où l’on vous certifiera qu’il n’y a aucun problème, mieux vaut prendre ses précautions. Pour un touriste il vaut mieux considérer systématiquement l'eau comme non potable. Durant le trek, nous vous conseillons d’utiliser un désinfectant (hydrochlonazone ou micropur). Dans les hôtels, pratiquement partout l’eau du robinet est chlorée. Il est préférable d’acheter de l'eau minérale en bouteille. La société " STAR " fait aussi des eaux minérales, tirées des sources des hauts plateaux malgaches, la source d’Andranovelona, comme "Eau Vive", la première eau minérale à avoir été commercialisée dans l’île en 1970, et leader du marché depuis. 200 millions de bouteilles sont vendues annuellement, par la brasserie, toutes marques confondues. On trouve aussi les marques : La Source, Olympiko, et Sainto.

Le ranon'ampango

Les Malgaches boivent ainsi fréquemment l’eau sous forme de ranonampango. L'eau du riz (ranon'ampango) ou ranovola ou eau d'argent est la boisson malgache la plus traditionnelle et la plus économique. Cette boisson désaltérante est obtenue en faisant bouillir de l'eau avec un reste de riz dans la marmite où l’on a déjà fait cuire le riz ; les grains plus ou moins brûlés qui sont restés collés au fond donnent alors à l’eau un goût un peu amer et une couleur brun clair. On boit la mixture tiède. Trés bon pour combattre la déshydratation, trés bon moyen de boire une eau devenue salubre, il paraît aussi que c’est très bon contre la diarrhée.

Tonic

Une eau gazeuse très pétillante.

Les jus de fruits

On trouve aussi des jus naturels selon la saison à la papaye, la mangue, le tamarin, ananas, abricot, grenadelle, goyave, corosol , fraise, banane, orange… on trouve aussi des jus de fruits en tetra pack (orange, ananas, fruit de passion, pomme) commercialisés par le groupe " TIKO" (usines TIKO fermées depuis la crise de février 2009).

Les rhums

Le rhum est l'alcool national. Le terme de Toaka (toaka gasy) désigne tous les rhums, industriels ou artisanaux.
Vous pourrez donc goûter, en autre :
- Le rhum Dzama : rhum brun local, à consommer en rhum arrangé, certaines bouteilles ont une teneur en alcool de 52 degrés !
- Le rhum Cazeneuve : un rhum blanc qui s’apprécie en punch avec deux glaçons.
- Le rhum Mangoustan : nez fin, arômes de vanille et de banane.

Les rhums arrangés

Un mélange de rhum avec des épices, des feuilles, des écorces, des friandises ou des fruits qui macèrent. Le goût et la saveur du rhum arrangé s'obtiennent par une longue maceration des ingrédients. Il existe des recettes classiques, mais chaque malgache prépare son rhum selon sa culture, sa région, ses habitudes, la saison ou son humeur. Certains rajoutent du sirop de sucre de canne pour le radoucir et font aussi des mélanges avec de nombreux fruits sauvages (sakoa, nato, seva)... La marque Dzama propose également différents rhums... et certains sont proposés à la consommation dans des bars spécifiques, surtout à la capitale.

Betsa betsa

Le Betsa betsa est une boisson produite sur la côte est, on mélange du jus de canne aromatisé avec une décoction de certaines écorces (belahy, katrafay, havozo) ou avec des fruits sauvages (angivy). Peu fermentée, elle n’excède pas 4 ou 5 degrés mais distillée c’est un rhum bien plus alcoolisé : les noms des différentes marques ne mentent pas (Turbo 2, Boum Boum, cazanove). Vendue dans la plupart des petites épiceries de brousse. L'alcool de canne à sucre a longtemps été consommé de cette manière, avant que les techniques de distillation ne soient importées dans les îles. Ce vin de canne à sucre est encore toutefois produit, de façon artisanale, à Madagascar et très prisée sur la côte Nord-Est et à Sainte-Marie, et d’une manière générale sur toute l’île sous l'appellation « Betsabetsa ».

Les vins

Madagascar est un pays producteur de vins. Comme pour tous les vignobles tropicaux, celui de Madagascar a vu le jour avec la colonisation, bien avant le XXème siècle. Quelques vignobles furent plantés, les jésuites ont introduit la viticulture afin de satisfaire leurs besoins liturgiques, pour produire à l'origine du vin de messe. Une tradition perpétuée par les moines trappistes de Maromby, mais la réelle pratique de l'activité viticole date seulement
des années 1920. De 1960 à 2000, la surface des vignes de Madagascar est passée de 250 ha à plus de 800 ha. Les passionnés de viticulture ne résisteront pas à un parcours dans les coteaux de Fianarantsoa, d’Antsirabe ou Ambalavao, dans le pays Betsileo. Deux variétés de vignes y sont cultivées : "le petit bouché" (raisins blancs) et la "couderre 13" (raisins rouges).
Les principaux crus :
- Clos Malaza, l' incontournable.
- Dom Remy, Vins blancs, gris, rosés et rouges.
- Grand Cru d'Antsirabe : Berger.
- Lazan’i Betsileo : vins blancs, rosés, rouges et des apéritifs, dont un madère.
- Domaine de Manamisoa : vins blancs, rosés et rouges. Un muscadet très fruité.

Autres boissons

- Le trembo (tchemb’) est un vin de palme que l’on boit sur la côte ; on recueille le liquide des jeunes fruits de cocotiers et on laisse fermenter, l'alcoolémie monte tres vite avec la chaleur et dégage une forte odeur !
- le café vendu soit sous forme de boisson, les malgaches l'achète parfois à l'état brut qu'ils torréfieront eux même. La consommation annuelle moyenne est de 2,38 kg/personne. Le café constitue surtout une des principales ressources de Madagascar, il occupe la troisième place des produits agricoles exportés en entrée de devises après la vanille et les crustacées.
- le thé dont le fameux thé à la vanille de Madagascar ! Cultivé
depuis 1969, 80 % de la production est exportée, principalement vers Mombasa au Kenya où se tient une des plus importantes bourses au thé au monde. En 1996 les plantations furent privatisées au profit d’une société anonyme, la SIDEXAM (Société d’investissement et d’exploitation agricoles de Madagascar), seule productrice de thé à Madagascar. Aujourd’hui le vaste domaine de la compagnie situé au village de Sahambavy proche de Fianarantsoa compte près de 335 hectares de plantations dont 94 hectares sont gérés par les paysans eux-mêmes. Outre l'exportation, la production destinée au marché local (environ 20% du tout), est presque intégralement racheté par la société Taf, qui s’occupe elle-même de la transformation et de l’emballage.

La sagesse populaire

Elaborée à partir de connaissances immédiates, d’expériences accumulées au fil du temps et transmises oralement, la sagesse populaire malgache s’exprime notamment à travers les proverbes. Au centre de cette pensée structurée se trouve l’homme (olona), être physique dont l’esprit (fanahy) détermine la personnalité (travan’olona). L’homme ne peut s’accomplir que dans un rapport harmonieux avec son environnent (l’invisible, la nature, la société) et la stabilité du groupe qui repose sur la solidarité (firaisan-kina). Les Malgaches disent : une seule personne ne peut pas construire une maison et un seul doigt ne peut pas saisir un pou, un seul arbre ne peut pas constituer une forêt, autrement dit une société formée d’éléments individualistes n’est qu’un "banc de sable sans consistance".
Le principe de solidarité s’applique d’abord et surtout au voisinage immédiat. La maison des voisins, dit le proverbe, peut vous servir d’abri quand le doit la vôtre ne vous protège plus de la pluie. Suivant ce principe d’entraide, la population échange biens et services, à moyen ou à long terme, selon les besoins. Tout individu qui s’implique dans ce réseau d’échanges jouit ainsi d’une sorte de "sécurité sociale" en cas de difficulté. La construction d’une maison et le labourage des rizières figurent parmi les activités qui réclament expressément l’assistance des parents et des voisins. Le travail communautaire, le gains du temps et d’efficacité compte cependant moins que l'harmonie et la solidarité qui se manifestent lors de ces travaux collectifs.

Le Zébu

Descendant d'une espèce indienne d'aurochs, originaire de l'Afrique, le zébu malgache se caractérise par de longues cornes, une bosse adipeuse au niveau du garrot et une grande extension de la peau sous le menton. Autrefois symbole de la royauté, l'animal reste aujourd'hui omniprésent aussi bien dans la vie quotidienne du Malgache que pendant les périodes évènementielles et même dans sa vie de l'au-delà. Aujourd'hui, la culture du zébu persiste, ne serait-ce qu'en partie. Beaucoup de Malgaches placent leurs capitaux dans le zébu. En posséder est synonyme de réussite dans la vie sociale, notamment en milieu rural. Le taureau à longues cornes figure encore sur les billets de banques et pièces de monnaie.

Symbole de puissance, de prospérité et de richesses

Le boeuf à bosse a été introduit dans la Grande Ile lors des vagues de migrations au départ de l'Afrique. Son nom provient du mot kiswahili "gnombe", de telle sorte que dans certains dialectes, on l'appelle "aombe" ou encore "agnomby". L'histoire raconte que dans le royaume merina, il ne prit son nom de "omby" que sous le règne de Ralambo (1575-1610). En effet lors d'un de ses déplacements à Ambohitrabiby, le roi Ralambo vit des "jamoka" (boeufs) sur le point de périr à cause de leur graisse. Il donna l'ordre à l'un de ses esclaves d'en goûter la viande. Attiré par l'odeur de la grillade et la saveur du "trangitrangy" ou bosse qui était "matrafotrafo" (délicieux), il ordonna à ses hommes de rassembler ces bêtes dans un parc. Arrivés au bout de leurs peines, ils s'exlamèrent "omby e, omby e !", ce qui voulait dire "c'est suffisant, tout y est !". A partir de ce moment, le nom de "omby" fut adopté. Sur les Hautes Terres centrales, contrairement aux autres régions, on ne consomma la viande de boeuf qu'à partir de cet instant. Aujourd'hui, la plupart des plats malgaches sont à base de viande de boeuf, tel le fameux "kitoza" ou encore "varanga". Considéré comme un des meilleurs morceaux avec la bosse, depuis Ralambo, le vodi-hena (l'arrière-train), est destiné au roi. Celui qui enfreint cette règle verra sa femme et ses enfants réduits à l'esclavage. Depuis, on réserve cette partie aux parents et aux ainés.
Le zébu représente la puissance et la prospérité. Séduits par cet aspect, les rois en firent leur symbole. A Mahazoarivo Isandra (Fianarantsoa) se dresse une pierre levée à cinq zébus, à l'image des cinq rois qui se sont succédés au trône durant un siècle et demi. Les trois, tournés vers le Sud, sont des cornes longues et des bosses élevées. Ils représentent les rois Ralambovitaony (1710-1730), Ramasimbanony (1730-1750) et Andriambetany (1750-1790) qui, de par leur puissance, ont fait prospérer le royaume d'Isandra.
Le quatrième, encore orienté vers le Sud, a des cornes et une bosse moindre, incarne Andriamanalina II (1790-1796) dont le règne a été marqué par un déclin. Le dernier, tourné vers le Nord, correspond à Andriamanalina III, qui se lia par le sang avec le roi Andrianampoinimerina. La souveraineté perdit toute sa puissance en cette période, aussi le cinquième zébu avait à peine des cornes et une bosse. Andrianampoinimerina, "l'ombalahibemaso", était un grand roi puissant, intelligent, qui voyait loin.
Mais le zébu ne reste pas seulement un symbole. Il sert de référence. Le jeune Betsileo ou le jeune Merina mesure sa force avec celle du zébu en pratiquant le "savika" ou le "tolon'omby". Ce sport violent et dangereux, du genre des tauromachies mais sans mise à mort, pratiqué encore de nos jours, plait énormément à la population. Les jeunes hommes y participent surtout afin de séduire leur bien-aimée. Les Bara, quant à eux, démontrent leur virilité à travers les vols de boeufs.

Pour les vivants et les morts

La possession d'un grand troupeau symbolise la puissance et la richesse. Et pour une demande en mariage, un jeune Bara doit s'amener avec l'heureuse élue avec un zébu "mazavaloha", lequel sera sacrifié si les négociations aboutissent aux fiançailles. Pour tout évènement en général, la fortune d'une famille est estimée au nombre de boeufs abattus. Chez les Antandroy, l'élevage est plutôt contemplatif et le troupeau n'a d'autre utilité que pour les funérailles.
Le Révérand Père Callet dans "l'Histoire des Rois" évoque que si les Malgaches immolent des boeufs, c'est parce qu'ils pensent que l'ombre du mort pousse devant celles des zébus, vers le lieu où vont les défunts. Tuer les boeufs pour que leurs ombres soient emportées par le mort, c'est rendre les honneurs d'immolation des animaux. L'ombre de la personne décédée à qui on consacre ces cérémonies, gardera le troupeau là où se trouvent les âmes errants, c'est-à-dire à Ambondrombe (à 45 km à l'est d'Ambalavao, Fianarantsoa). Ainsi, pour le Bara, très attaché à ses bêtes, son seul désir, à sa mort, est d'emporter au moins un zébu à sa mort. Chez les Antandroy, on extermine tout le troupeau du défunt pendant la veillée mortuaire qui peut durer des semaines, voire même des mois. La tête de ces bêtes orneront le tombeau. De même, chez les Mahafaly, têtes de zébus et "aloalo" ornent les tombes. Les "aloalo", sculpture racontant la vie du défunt, présentent le dessin de zébus s'il en possédait de son vivant.
Sur les Hautes Terres, on tue trois, quatre boeufs ou plus, selon la fortune de la personne. Les cornes sont suspendues sur une longue perche que l'on plante près du tombeau. Les gens qui passent près de ces édifices pourront se faire une idée de la richesses du mort. La viande est distribuée à toute la population. Durant l'enterrement, d'autres boeufs sont également abattus pour la purification et la "prise de congé" du défunt. Et encore tout le long de l'itinéraire du convoi funèbre. Ainsi, au décès de la reine Ranavalona I, on a immolé des zébus pendant le passage du convoi funèbre jusqu'à Ambohimanga. Arrivés sur les lieux, 3000 bêtes ont été encore décapitées. Si la population n'a pas été satisfaite, la famille a intérêt à se rattraper après le deuil. C'est le "fiefana".
Mais le plus fascinant dans la culture malgache du zébu, c'est sa valeur spirituelle. Presque dans toute l'île, il est choisi comme animal de sacrifice. De plus, il sert pour les cérémonies de purification. Une union inceste sera régularisée par le "fanalana ondrana" en tuant un zébu auquel tête et queue coupées seront placées inversement. Le rhum, qui traduit la vicissitude de la vie, et le boeuf figurent dans tout repas de communion des vivants et des morts. Invoqués durant le "joro", les ancêtres sont présents et prennent part aux festivités.

La religion

Environ 41 % des Malgaches sont chrétiens (dont 26 % de catholiques et 23 % de protestants). On compte 51 % d’animistes (croyances traditionnelles) qui pratiquent le famadihana, culte des ancêtres consistant à changer le linceul des défunts, à nettoyer leurs ossements, et à appeler leur participation à une fête et un banquet. Reste 7 % de musulmans et 0,3 % de bouddhistes ou de taoïstes. La religion protestante domine les Hautes Terres alors que la religion catholique règne dans les régions côtières. Cette schématisation semble simpliste, mais elle est le fruit de l’implantation des différents missionnaires français et anglais dans les différentes régions de Madagascar. Dans certaines villes importantes comme Antananarivo et Fianarantsoa, les deux religions cohabitent parfaitement et le paysage est ponctué de clochers d’églises avoisinant ceux des temples.
La pratique de l’une de ces deux religions n’empêche pas le malgache de respecter le culte des Ancêtres et de croire aux prédictions des devins et autres sorciers de leur ville ou village.

Le culte des ancêtres

L'origine complexe du peuple Malgache a créé des coutumes diverses et particulières. En dépit des nombreuses configurations ethniques et des notions de clans, le pays véhicule un même langage et la croyance à la puissance des ancêtres défunts est répandue à travers toute l'île. Bien que la croyance traditionnelle manifeste l'existence d'un seul Dieu, omniprésent et omnipotent portant le nom d'Andriamanitra (Le Seigneur Parfumé) ou celui d'Andriananahary (Le Seigneur Créateur), c'est plutôt vers les ancêtres divinisés ou "Razana" que se portera son culte. Le culte des ancêtres est une célébration de la "science de la vie", car les défunts sont porteurs de pouvoir et sont défenseurs de la vie sur terre, matérielle autant que spirituelle. Chaque ancêtre garde son individualité et ses attaches familiales. Son pouvoir est révélé à travers des "ordres sacrés" qui dictent l'organisation politique, culturelle, médicale de la famille ou de la communauté. La croyance considère que certains sinistres comme les accidents, les maladies sont les conséquences d'un manquement au culte des ancêtres. C'est une justice infligée par ceux-ci pour avoir violé un "fady" (tabou), par exemple. À chaque grande occasion marquant la vie (construction d'une maison ou d'une pirogue, d'un mariage, etc) "Razana" sera consulté, invoqué. Des animaux (poulets, zébus) ou des aliments (rhum, miel, etc.) seront alors offerts en sacrifice ou en libation (rituel religieux consistant en la présentation d'une boisson en offrande à un dieu, en renversant quelques gouttes sur le sol ou sur un autel). Pour citer à quel point cette pratique est ancrée profondément dans toutes les strates sociales le vol inaugural d'un Boeing 747 de la compagnie nationale Air Madagascar, a donné lieu à un sacrifice de zébus, afin d'assurer longue vie à l'appareil ainsi qu'à ses passagers. Madagascar est souvent appelée l'île des Ancêtres, tant l'influence des morts sur les vivants y demeure considérable. Le Malgache n'ose rien entreprendre sans avoir obtenu l'accord des anciens et demandé la bénédiction de ses ancêtres. Tout individu n'est reconnu dans la société que par le nom et le groupe de ses ascendants, appelés Razana. Ces derniers font partie de la vie quotidienne, bien qu'ils restent invisibles.

Raha zaza tsy hilalao, milatsaha ho tanora
Raha tanora tsy hikorana, midina ho isan'ny antitra
Raha antitra tsy hitafasiry, modia ho razana
Ary raha razana tsy hitahy, mifahaza hiady vomanga


Un enfant qui ne joue pas, qu'il passe dans la classe des jeunes
Un jeune qui ne s'amuse pas, qu'il rejoigne les vieillards
Un vieillard qui refuse de palabrer, qu'il descende chez les ancêtres
Un ancêtre qui ne veut pas bénir, qu'il se lève déterrer les patates.

Le sens de la vie

Dans les croyances traditionnelles malgaches, le monde des ancêtres fait partie de ce qu'on appelle la «vie». Ainsi, la vie comprend quatre étapes distinctes, chacune ayant une importance et un rôle déterminés. Les ancêtres sont parvenus à la quatrième et dernière étape. Comme tous les autres «vivants», ils ont un devoir spécifique à accomplir : celui de donner la bénédiction à leurs enfants. La mort ne signifie donc pas la fin de l'existence, ni la disparition définitive d'une personne. Ce n'est qu'une porte ou un passage vers le monde invisible.
Aujourd'hui, au 21e siècle, avec les changements sociaux, l'émergence de nouvelles religions et la mondialisation dans tous les domaines, le culte des ancêtres régresse, surtout dans les villes. Mais la crainte ou le «respect» des ancêtres demeure une valeur culturelle de la société malgache. La pratique toujours courante de diverses coutumes ancestrales (circoncision, funérailles, etc.) est là pour en témoigner, de même que le soin qu'on apporte à l'art funéraire.
Les esprits des défunts ne sont pas morts. Libérés du monde matériel, ils voyagent dans l'espace. Mais ils ont le devoir de rendre visite aux vivants et de les bénir. Chez les Sakalavas, groupe ethnique de l'Ouest de Madagascar, l'oiseau Mijoa représente ce passage entre les morts et les vivants. Le couple de Mijoa (ibis), seuls oiseaux qui s'accouplent comme des humains (face à face), symbolise la continuité de la vie. Un homme qui est mort ne viendra pas troubler sa femme, tous deux se trouvant désormais à l'exacte symétrie de deux mondes définitivement opposés.
En bois ou en pierre, parfois décorées, l'aspect des statues funéraires varie suivant les régions et l'environnement naturel. Dans l'Ouest et le Sud-Ouest, les tombeaux portent des figurines humaines symbolisant la continuité de la vie par la procréation.

Le refus de la mort

La non-acceptation de la mort en tant que fin apparaît clairement dans les rites funéraires, particulièrement s'ils concernent un vieillard. Puisque celui-ci a pleinement rempli son existence terrestre, il mérite de «monter» au stade supérieur. Il est arrivé au terme de ce qu'on appelle hasina, la sagesse ou la sainteté que toute personne acquiert avec l'âge. Ainsi, au décès d'un homme très âgé, il n'y a pas lieu de pleurer (comme on le fait quelque temps pour un jeune homme). Au contraire, c'est une occasion de réjouissance : pendant des jours et parfois des mois, selon la région, on danse, on rit, on boit de l'alcool, on mange la viande des zébus qui appartenaient au défunt et qu'on a abattus pour la circonstance. On parle au mort, on lui adresse des plaisanteries à connotation sexuelle. Puis le corps, soigneusement enveloppé ou déposé dans un cercueil fait d'un bois spécial, est transporté dans le tombeau familial parmi les siens.

La vénération des ancêtres

La mort est un passage particulier, parce que l'être change à la fois d'état et de statut. De l'état corporel, il passe au spirituel. La transformation qu'il subit correspond à une renaissance. D'où les propos «osés», inhabituels, lancés au mort et les différentes représentations « érotiques » trouvées sur les tombes ou aux alentours. L'ancêtre parfaitement intégré dans le monde invisible devient un être nouveau, spirituel et éternel. Il gagne alors un pouvoir surnaturel.
Pourtant, malgré ce passage du défunt à un stade supérieur de la vie, la crainte de la mort ne disparaît pas chez les vivants. C'est la raison d'être du culte des ancêtres : les vivants réclament l'assistance des razana en communiquant avec eux à des moments et des endroits bien précis, pendant les sacrifices. En dehors de ces rites, la séparation entre le monde des vivants et celui des morts est nette : à chacun sa place.

Vision de la mort et funérailles malgaches

La mort, pour la religion traditionnelle malgache, marque le passage du rang d'être humain au haut rang d'ancêtre (Razana). Ce dernier dominera d'un autre monde les générations nouvelles qui le craindront et l'honoreront à leur tour. Trois cérémonies importantes accompagnent la mort. Il s'agit des funérailles, du "Famadihana" (exhumation) et des sacrifices. Bien entendu les formes dont peuvent prendre ces cérémonies diffèrent suivant les régions.

Les funérailles

Rites observés en Imerina
Après que le défunt ait été lavé, habillé puis enveloppé d'un "Lamba Mena" (linceul, pièce de tissus de soie) celui ci peut-être exposé quelque temps aux proches. Puis le défunt est mis en bière et transporté jusqu'au tombeau. Parfois ce transport est l'occasion d'un ultime tour sur les propres terres du mort.
Rites observés en pays Mahafaly et Antandroy
Le cercueil est violemment secoué dans tous les sens par l'équipe de porteurs, qui exécutent une danse saccadée pendant que les femmes battent des mains et que d'autres hommes brandissent leur sagaie. Une fois le défunt porté à son tombeau et enterré, un monument à sa mémoire y est élevé. Le sacrifice d'un ou plusieurs zébus accompagne la cérémonie qui peut se dérouler sur plusieurs jours avec des veillées nocturnes accompagnées de chants et de danses. La fête s'achèvera par un festin pendant lequel la viande sera partagée entre tous les convives. L'importance de la fête est en rapport avec la richesse du défunt et c'est parfois un troupeau de plusieurs dizaines voir centaines de têtes qui sera l'objet du sacrifice. Certains tombeaux ornés de centaines de paires de cornes témoignent de l'importance et de la richesse du défunt.

Le Famadihana : le retournement des morts

Il existe plusieurs circonstances à la pratique du Famadihana. La première trouve son cadre lorsque le défunt n'a pu être enterré dans le tombeau de famille au moment du décès. Ses proches vivants doivent alors, quelques années plus tard, le ramener au caveau familial. Cette opération, réalisée en saison sèche, pour des raisons sanitaires, est toujours l'occasion de manifester sa joie et de fêter l'événement. La deuxième circonstance s'impose envers chaque défunt dans la conception religieuse traditionnelle malgache, puisque
les vivants doivent honorer leurs ancêtres. On pense que l'ancêtre a froid et a donc besoin d'un nouveau linceul. La cérémonie du Famadihana est fixée en principe plusieurs années après le décès. Le Mpanandro (astrologue) en détermine le jour et l'heure.
Le corps est alors exhumé puis enveloppé dans une natte "tsihy" qui sera porté par deux hommes alors qu'un groupe de proches, hommes, femmes et enfants processionnent, les uns chantant, les autres jouant d'un instrument de musique. Des plaisanteries sont échangées avec les personnes rencontrées et même avec le mort. Enfin, une fois arrivé au caveau familial, le défunt est à nouveau enveloppé d'un "Lamba Mena" (pièce d'étoffe) neuf après avoir été l'objet d'attentions particulières (onction de miel, don de tabac, de riz ou d'alcool). Puis avant qu'il ne réintègre sa demeure, la coutume veut qu'on lui fasse faire sept fois le tour du tombeau. L'ensemble de la cérémonie est exécuté dans une ambiance de fête et de réjouissance. La musique, les chants et les rythmes se mêlent au sacrifice d'un zébu et au partage de sa viande. Un discours en mémoire du mort et à la destinée des vivants clôt la cérémonie.

Les arts funéraires

Étant appelé à devenir Ancêtre ou "Razana" un jour, le malgache accordera la plus grande attention à sa demeure définitive auprès de laquelle sa maison «terrestre» ne sera jamais qu’un lieu de passage. On ne s’étonnera pas que, dans certaines ethnies, il soit véritablement question d’Art Funéraire.
Chez les Betsileo :

Le long de certaines routes de la province de Fianarantsoa, on peut observer de très beaux tombeaux faits de pierres plates empilées, et surmontés de monolithes. Autrefois la coutume était aussi d’ériger à proximité des poteaux de bois appelés «Teza». Ils ne devaient pas être entretenus, afin de retourner un jour à la poussière.
Chez les Antanosy
:
La tradition ici est d’élever des pierres commémoratives. Elles forment parfois
des ensembles impressionnants comme au PK 32 entre Fort Dauphin et Sainte Luce, où se dressent plus de 100 stèles.
Chez les Antandroy :
Les tombes sont formées d’un amas de pierre appelé «Valavato» (enclos de pierre). La surface ainsi délimitée est tapissée de bucranes et plantée de ces biens connus poteaux sculptés appelés «Aloalo».
Chez les Mahafaly
:
Les tombeaux Mahafaly ressemblent à ceux des Antandroy, avec des Aloalo figurant des scènes de la vie quotidienne, et disposés selon un ordre bien défini. Une autre tendance choisit de remplacer les pierres par le mortier : véritables mausolées peints de couleurs vives, agrémentés de portraits ou de motifs géométriques. Au milieu se détache souvent une maisonnette sacrée.
Chez les Sakalava :
Dans l’arrière pays de Morondava, certains clans Sakalava Vezo ont volontiers recours à des sculptures d’oiseaux, de vases ou d’humains travaillées dans du faux-camphrier réputé imputrescible. L’énigme des sculptures érotiques quant à lui reste entière : donner aux défunts un peu de bon temps, représenter la pérennité du flux vital ?

Agenda des festivités de Madagascar

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an Taom-baovao Le premier jour de la nouvelle année est férié à Madagascar.
Lundi suivant le Pâques Lundi de Pâques Alatsinain'ny Paska Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.
29 mars Commémoration des martyrs de l'insurrection de 1947. Martioran'ny tolona tamin'ny 1947 Commémoration des martyrs de l'insurrection qui a débuté le 27 mars 1947 et noyée dans le sang par l'armée coloniale française : 90 000 morts selon le commandant des troupes françaises de l'époque (Général Garbay).
1er mai Fête du Travail Fetin'ny asa Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques à Madagascar
25 mai Jour de l'Afrique Andron'i Afrika Anciennement Commémoration de la création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) 25 mai 1963, qui est remplacée par l'Union Africaine (UA) depuis le 9 juillet 2002.
Jeudi 40 jours après Pâques Ascension Andro niakarana Jésus, ayant rassemblé ses disciples, rejoint son Père aux cieux.
Lundi suivant le septième dimanche après Pâques Lundi de Pentecôte Alatsinain'ny Pentekosta Descente du Saint-Esprit parmi les apôtres.
26 juin Fête nationale Fetim-pirenena Commémoration de la signature de l'acte d'Indépendance de l'île le 26 juin 1960.
15 août Assomption Asompsiona Transport au ciel de la Vierge Marie.
1er novembre Toussaint Fetin'ny olo-masina Fête de tous les saints.
25 décembre Noël Krismasy / Noely Naissance de Jésus-Christ.