La population Malgache, dans l'ordre d'importance, est principalement originaire d'Asie, d'Inde et d'Afrique. Elle est également la source des peuples des îles alentours comme l'Archipel des Comores (Grande Comore, Anjouan, Mohéli, Mayotte) et La Réunion.
Ce pays de 21,32 millions d’habitants (estimation 2011) compte plusieurs communautés ethniques :
- la communauté malgache d’origine afro-asiatique représentant 98 % de la population, comprenant elle-même 18 ethnies principales dont les plus importantes sont les Merina (25%) et les Betsileo (12%).
- la communauté comorienne (0,3 %) qui se fond totalement dans la société malgache.
- la communauté européenne (0,4 %), à grande majorité française, formée par des coopérants techniques et de plus en plus d'hommes d'affaires et d'investisseurs.
- la communauté indienne (0,2 %) d'origine pakistanaise, immigrée à la fin du siècle dernier, représentant la minorité musulmane.
- la communauté chinoise (0,1 %) d'origine cantonaise qui est surtout installée dans les villes (et principalement à la capitale) et sur la côte où elle s'occupe du commerce de détail.



Les groupes ethniques principaux, classifiées au nombre de 18 depuis l'annexion française de 1896, ont chacun leurs particularités mais aussi leurs similitudes. Chaque ethnie parle une langue et a une culture spécifique qui lui est propre mais tous les malgaches se comprennent. Les particularités vestimentaires, des coiffures distinctives et même l'architecture des maisons sont particuliers pour chaque groupe. Cette terminologie d'ethnies est très utilisée pour parler et différencier le peuple malgache, pourtant elle est aussi inadéquate que de parler en France d'ethnies pour les basques, les alsaciens ou les bretons. Cependant il existe, de par l'histoire malgache, encore certaines tensions entre ethnies. Les 18 ethnies ont subi des métissages entre eux mais les traditions restent encore très prisées et toujours respectées par chaque communauté.
Les différentes ethnies donnent également une diversité de religions : animisme, christianisme, islam et hindouisme. L'extrème variété des caractéristiques peut s' expliquer par l'histoire du peuplement de l'île : des immigrations successives et la cohabitation avec les premiers habitants de l'île.

Les 18 groupes ethniques de Madagascar :
                                                                                                                                       Stèle présente à Antsirabe
1 - Merina : 26% de la population. Ils vivent au centre des hautes terres, région d' Antananarivo. Merina signifie "ceux des hautes terres". Ils ont gagnés ces lieux vers le Xème siècle en provenant d'Indonésie ou de Malaisie et s'installèrent à proximité des vallées de l'Ikopa et de la Sisaony dans des villages fortifiés. Les merina construisaient autrefois des tombeaux en pierres situés sur les hauteurs. Le culte des ancêtres et le "famadihana" (retournement des morts) font partis de leurs croyances. Ils érigeaient également autrefois des pierres commémoratives appelées "Vatolahy".

2 - Betsileo : 12% de la population. Troisième groupe par son importance numérique, leur origine indonésienne ne fait aucun doute. Fianarantsoa est la ville principale du pays betsileo (les autres villes de moindre importance étant Ambositra et Fiaranantsoa). Betsileo signifie "les nombreux invincibles". Ce sont d'habiles agriculteurs qui ont "taillé" les collines en gradins pour y installer des rizières qu'ils irriguent avec d'ingénieux systèmes d'arrosage. C'est aussi la région des vignobles malgaches. Possédant de grands talents d'ébénistes, l'habitat traditionnel était autrefois réalisé à partir de végétaux pour le peuple est en bois pour la classe noble. Les portes, volets et le poteau central étaient sculptés de motifs géométriques. Leur habitat d'aujourd'hui est en briques et en terre. Les tombeaux sont caractérisés par des poteaux sculptés (teza) pouvant atteindre une hauteur de 20 mètres, ces poteaux ne devant pas être entretenus afin de retourner un jour en poussière. On trouve également dans cette région des pierres dressées (vatolahy).

3 - Betsimisaraka : 15% de la population vivant dans la région de Tamatave, sur la plaine côtière qui s' étend en une bande de terre large de 100 kilomètres de Sambava au nord, à Mananjary au sud. C'est la deuxième ethnie par le nombre. Betsimisaraka signifie "les nombreux qui ne se séparent pas". Beaucoup d'entre eux cultivent le café, la canne à sucre, le poivre, la girofle ou la vanille. La présence du canal des pangalanes sur leur terre a orienté la population à développer des cultures d'exportation. Leurs habitations sont réalisées en matériaux végétaux : le tronc du ravelana ou arbre du voyageur est utilisé pour la confection des parois de la maison alors que ses feuilles servent à recouvrir les toitures. Ces habitations sont souvent construites sur pilotis pour se protéger des eaux et de l'humidité.

4 - Zafisoro : nom à l' origine inconnue, les individus de cette ethnie partagent le même territoire que leurs rivaux Antaifasy.

5 - Antaisaka : population de la côte Est, région de Vangaindrano. Ce peuple de pêcheurs et de cultivateurs qui serait d'origine Sakalava, fut par le passé de redoutables guerriers. Ils pratiquent la vannerie à partir de joncs séchés. Antaisaka signifie "ceux qui viennent de Sakalava".

6 - Antandroy : 5% de la population. Peuple situé à la pointe sud de la grande île dans la région d'Ambovombe. C'est la région la plus aride et on y trouve des éleveurs de zébus semi-nomades qui perpétuent une culture pastorale austère. Ils cultivent aussi le maïs et le manioc. Traditionnellement à la recherche de points d' eau et de nouveaux pâturages pour leurs troupeaux, ils ne se séparent jamais de leur sagaie. Antandroy signifie "ceux du pays des épines". Ils sont réputés pour maîtriser l'art de la divination et des sortilèges. Ils enterrent leurs morts dans un cercueil formé de deux demi troncs d'arbre évidés et le tombeau est formé de pierres, "les valavato", atteignant parfois plus de 10 mètres de côté, le dessus de ces derniers étant décoré avec des bucranes et des poteaux de bois sculptés appelés "aloalo".

7 - Mahafaly : ce peuple vit sur le vaste plateau calcaire qui borde la côte sud et sud-ouest entre les fleuves Menarandra et Onilahy. C'est la région d'Ampanihy et de Betioky qui reçoit le moins d'eau par an. Peuple de pasteurs réputés pour leur sagesse, ils vivent en petits groupes et subsistent par la culture de maïs, de manioc, de figues de barbarie et de tubercules sauvages. Mahafaly signifie "qui rend tabou". Les tombeaux Mahafaly ressemblent à ceux des Antandroy, ils sont décorés par des "aloalo", les pierres ayant tendances à être remplacer par du mortier lissé, ce qui leur permet d'apposer des décorations peintes représentant des scènes de la vie passée du défunt. Au milieu de cette tombe, sur le dessus, on peut voir généralement une maisonnette sacrée ornée de miroirs, ce sont les plus colorés des tombeaux malgaches.

8 - Bara : Peuple du centre sud de l'île dans la région de Ihosy. Pasteurs semi-nomades de type africain (origine bantoue) vivant dans les steppes du plateau de l'horombe. Ils gardent leurs grands troupeaux de zébus, armés de sagaies et de fusils par crainte des voleurs de troupeaux qui sévissent encore dans ces régions : les dahalos. Le vol des zébus fait toujours partie de leurs traditions.

9 - Antanosy : ce groupe régional centré autour de Fort-Dauphin se déclare descendant de Raminia, ancêtre commun à la plupart des groupes de population du Sud-Est de Madagascar. Antanosy signifie "Ceux de l' île". Les tribus Tavaratra, Tambolo et Tatsimo sont restées proches de la côte. Parfois marins et pêcheurs, ils sont surtout d’excellents riziculteurs et éleveurs. Ils pratiquent la forge depuis des siècles et sont d’habiles charpentiers. Les autres, Isakondry, Teheza et Sakamara, ont émigré vers l’ouest, depuis 1845 environ, pour fuir la domination Merina et ont colonisé le Moyen-Onilahy et ses affluents de droite, aux dépens des Bara et des Mahafaly sur lesquels ils ont eu une incontestable supériorité technique. Grâce à eux, le district de Betioky est devenu le grenier de la province de Tuléar et possède un ensemble de troupeaux de zébus extrêmement important. En pays Anosy de nombreuses pierres levées ont été érigées en mémoire d’un défunt dont certaines peuvent atteindre six mètres de hauteur. Elles forment parfois des ensembles impressionnants : on peut voir entre Fort-Dauphin et Sainte-Luce près d'une centaine de ces stèles. Leur vie et régie par de nombreux fady ou tabous.

10 - Antakarana : peuple du Nord de la région de Diego-Suarez, vivant près du massif des tsingys de l'Ankarana d'où vient leur nom. Cette région s'étend d'Ambilobé au cap d'Ambre et la population y produit le meilleur poivre de l'île. Ce groupe est composé surtout de pêcheurs et d'éleveurs ayant eu, au cours de l'histoire, une forte influence de l'islam. Leurs croyances et traditions sont intimement liées aux divinités naturelles incarnées par une plante, un arbre, une cascade, une montagne ou tout autre élément de la nature. Antankarana signifie "ceux de l'Ankarana".

11 - Antemoro : Peuple de la côte Est, au nord et au sud de Manakara, de Mananjary à Vohipeno. Originaire d'une immigration islamisée, ils entretiennent des liens étroits avec le monde arabe et conserve d'anciennes traditions islamiques comme leur écriture qui est de forme arabe (le Sorabe) et pratique le Sikidy (sorte de divination par les graines). Ce peuple de cultivateurs aurait vécu auparavant dans les îles Comores. Ils fabriquent le fameux papier Antemoro en utilisant pour sa fabrication des fibres végétales et en réalisant entièrement le tout à la main. Ce papier séché, épais, granuleux, de couleur écru auquel on incruste souvent des fleurs séchées. Antaimoro signifie "ceux du rivage".

12 - Antaifasy : vivant sur la côte sud-est en petits groupes autour de Farafangana, le nom de cette ethnie signifie "ceux des sables".

13 - Antambahoaka : ils peuplent une région du Sud-Est et vivent autour de la ville de Mananjary. Arrivés sur l'île entre le Xème et le XIIème siècle en provenance de La Mecque, certaines traces de l'islam se retrouvent dans leurs coutumes : abstinence à manger du porc et de la viande provenant d'animaux non saignés par exemple. Antambahoaka signifie "ceux du peuple".

14 - Tsimihety : 7% de la population. Ils vivent au nord des hautes terres et à l'Est dans la région de Farafangana, près de Bealanana et Befandriana. Dynamique et volontaire c'est un peuple de riziculteurs et de pasteurs. Tsimihety signifie "ceux qui ne se coupent pas les cheveux".

15 - Tanala : ils peuplent la partie montagneuse de la forêt tropicale de l'Est dans le triangle Ranomanafana / Mananjary / Fianarantsoa, à l'ouest des territoires Antaifasy et Antemoro. Ce peuple de bûcherons tirent la quasi totalité de ses ressources de la forêt : chasseurs, collecteurs de plantes et de miel sauvage, agriculteurs, ils pratiquent la culture sur brulis, ils cultivent du café et du riz. Les Tanala maîtrisent une pharmacopée traditionnelle et connaissent les vertus de plusieurs centaines d'espèces de plantes. Tanala signifie "ceux de la forêt".

16 - Bezanozano : à l'est et à l'ouest du territoire Betsimisaraka, dans la région de Moramanga, dans la haute vallée de la riviére Mangoro, ce peuple de bûcherons, peu nombreux, arborent des coiffures de style africain. Bezanozano signifie "ceux aux nombreuses petites tresses". Ils étaient autrefois organisés en petits clans qui construisaient, pour se protéger, des villages fortifiés sur les crêtes des montagnes. Ils détenaient le monopole du transport de marchandises de la côte est à Antananarivo à dos d'homme et dans des conditions très difficiles. Ils sont à l'origine des poteaux sacrés surmontés d'un crane de zébu (tsikafana) érigés en mémoire d'un événement ou pour le remerciement d'un vœux exaucé.

17 - Sihanaka : peuple se trouvant à l'est, dans les régions du lac Alaotra entre Ambatondrazaka et Mandritsara, au nord-est de l'ancien territoire Merina, dans une région appelée grenier à riz de Madagascar. Ils fabriquent aussi des vanneries appréciées pour leur solidité et leur finesse. Sihanaka signifie "ceux des marais". Ce sont essentiellement des pêcheurs et des riziculteurs. Les tombeaux Sihanaka sont caractérisés par un monticule de terre auprès duquel est dressé un mat funéraire fourchu d'une hauteur de 8 à 10 mètres (le jiro) ou des poteaux moins élevés surmontés d'un crane de zébu (fofotra) et des statuettes en bois (sary) représentant le défunt.

18 - Sakalava : 6% de la population. Leur territoire s'étend sur le quart de la grande île, de Tuléar à Nosy Be. Dans cette région de savane ils font paître leurs immenses troupeaux de zébus, dans les vallées ils cultivent manioc, riz et maïs. Sakalava signifie "ceux des longues vallées". Les Sakalava se répartissent en deux grands royaumes : les Menabe au Sud et les Boina au Nord. Les Menabe se divisent également en plusieurs sous-groupes :
 - Les Vezo : de Tuléar à Morombe, sur quelques deux cent cinquante kilomètres. C’est essentiellement sur cette frange côtière que vivent les Vezo, peuple de marins, utilisant des pirogues à balancier pour se déplacer. Ils vivent en symbiose avec le grand lagon et leurs techniques de pêches et leurs matériels sont restés traditionnels même si quelquefois le filet en nylon a remplacé celui composé de fibres de baobab lesté de coquillages. Le harpon, la pique et le filet sont les principaux instruments de leur pêche. Une fois les prises ramenées à terre, le poisson est le plus souvent séché au soleil et fumé afin d’être conservé durant des semaines. Il pourra être revendu ou échangé contre du sel, des tissus, du pétrole et autres produits. Nomades, les Vezo parcourent la côte ouest durant la saison sèche (près de 4 mois par an) à la recherche de sites plus poissonneux.
- les Makoa : vivant le long de la côte Ouest de Tulear à Morombe, et dans la région du cap St-André près de l'embouchure de l'Onilahy près de Mahajunga. Ce peuple de pêcheurs étaient autrefois nomades. Makoa signifie "peuple des longues vallées". Cette population est la descendante directe d'esclaves africains capturés par les Sakalava.
- les Masikoro : vivent dans les vallées de la côte sud-ouest, ce peuple tout comme les Vezo est d'origine Sakalava.

https://drive.google.com/file/d/0B4ix_WU_pZ-6bTYtQi1kMnpQMzg/edit?usp=sharing

Certaines zones géographiques historiquement dominées par une ethnie sont aujourd’hui le terrain d’un brassage des populations important. Farafangana, par exemple, est une région où douze tribus autochtones, sans parler de celles qui viennent de l’extérieur comme Merina, Betsileo, Antandroy, Antanosy, se côtoient… Il y a les Tanala, Antambahoaka, Antemoro du nord, Antemoro du Sud, Antaifasy, Antaisaka, Bara mais également des Rabakara, Sahafatra, Sahavoay, Zaramanampy et Antemanambondro. Certaines ethnies sont aujourd’hui présentes de manière importante dans des régions éloignées de leur terroir d’origine. C’est le cas des Antandroy et Antanosy où les populations ont connu un exode massif dû à des guerres entre tribus dans l’histoire de l’île.
La ville de Tuléar caractérisée par son groupe ethnique autochtone, les Vezo, commence à être dominées par des migrants tels que les Mahafaly et Antandroy.
Les autres communautés vivant à Madagascar (formant, comme se plaisent à le dire les malgaches, la 19ème ethnie de l'île) sont les Comoriens très nombreux dans les provinces d'Antsiranana et Mahajunga, les Chinois cantonnais vivant principalement sur la côte est où ils exercent des activités commerciales de détails et d'alimentation, les Indo-pakistanais appelé "karana" qui sont principalement des commerçants, les Mauriciens, les Français très présents (surnommés "les vazaha", ceux nés dans la grande île sont appelés "zanatany" signifiant "enfant du pays") sont à l'origine de la plupart des structures touristiques de l'île.


Aza tsy tia olona, fa ny olona no harena, dit le proverbe malgache
(Que les hommes ne vous soient pas indifférents, car c'est la richesse)